'L'Angélus de minuit" de Gilbert BORDES (R.LAFFONT 1989) - photo BONNEL/DIAPHOR pour France Loisirs
Bien que le prénom du héros m'ait paru ardu, un bon roman plein de respect et d'amour pour les siens. Une ode au respect de soi-même. Cela se passe dans un hameau où les travaux sont perturbés par une cloche abandonnée qui agace les esprits.
"Brutus rentre dans la pièce du pain, pousse du pied la paillasse de la mémé. Il prend la farine à pleines mains dans le sac poussiéreux ; le contact est doux, froid. Il en forme un barrage au milieu de la maie vide. Mélanie verse d'un côté le levain et, de l'autre, de l'eau chaude. Brutus jette deux grosses poignées de sel puis perce une trouée dans le mur de farine. L'eau coule lentement vers le levain gris et le dissout. Alors l'homme se met à pétrir en force. Il sue. Mélanie lui essuie le front avec un mouchoir propre. Pas question de s'économiser ! La pâte élastique doit être longuement travaillée pour que la mie soit légère et savoureuse. L'odeur aigrelette du levain pique les narines.
Enfin, lorsque la pâte ne colle plus aux doigts, Brutus la divise en cinq boules que Mélanie dispose sur le tissu des paillons. Elle les emporte dans le lit où elle a mis des briques chaudes. Entre les draps l'édredon remonté comme pour un malade, le pain nouveau va lever…"
Encore un roman campagnard! et oui, mais c'est grâce à eux que nous sommes là (ce sont nos ancêtres), ils sont "Mort pour la France", ils nous ont nourri en 1940...et à ce jour ils touchent le minimum de pauvreté... |