Extrait de :
LA TRAVERSÉE de Philippe LABRO – 1996 -
Beaucoup de passages donnant sujets à réflexion dans ce livre d'un homme en réanimation à l'hôpital:
Une mer de sapins bleus –
...« Il y avait donc ce vide et ce vent qui vous tournait la tête et tout ce bleu ondulant en dessous de nous, cette beauté, cette pureté des choses et du temps, et cette envie troublante qui pouvait poindre –l'envie de plonger dans la mer pour s'y fondre. De rouler sur ce tapis, si c'était un tapis, comme un enfant peut rouler sur des draps ou un bébé sur le ventre de sa mère. Cette envie de se mélanger définitivement à la beauté et à la couleur de cet au-delà, ce monde différent qui semblait vous dire :
- Viens ! »...
Premier précepte de la traversée –
....« Vous prenez conscience que vous pouvez mourir lorsque vous comprenez que personne, jusqu'ici, n'a encore précisément découvert de quoi vous souffrez. Et n'a donc trouvé de remède pour vous sortir du trou. Vous prenez conscience du trou. » ....
Acccepter et refuser l'hôpital -
…les ouvriers et les ouvrières de cette incessante manufacture de la vie qu'est un hôpital méritent toutes et tous votre considération et votre compassion.
….
Qui sont-ils ? Qui sont-elles ? Que font-ils quand ils ont quitté la grande manufacture ? Que lisent-ils, s'ils lisent ? Que voient-elles à la télé ? Que font leurs enfants ? Où iront-ils en vacances –mais ont-ils assez d'argent pour partir en vacances ? Qu'ont-elles vu au cinéma – mais avaient-elles assez d'argent pour aller au cinéma ? Qui sont ces anonymes sous-payés que leur nation ignore et qui, pourtant, ont pour profession de soigner cette nation ? Qui sont ces ouvriers que leur nation méprise ? Une nation qui ignore, méprise et sous-paye ses infirmières, ses policiers, ses chercheurs et ses enseignants est une nation en danger.
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Certes, je ne repars pas avec un livre bien gai...mais bon...(à ne lire que si vous avez le moral..quoique...) |