AOUT
La campagne changeante et pleine de travaux,
S'embrase aux feux dansants d'un soleil implacable.
Parmi les blés trop lourds qu'un peu de brise accable,
La lieuse a passé, preste, avec les chevaux.
Insecte monstrueux tordant des écheveaux,
Elle a serré cet or frémissant dans son câble.
Et le dur paysan, comme elle infatigable,
Assis sur sa machine, y fait craquer ses os.
Toi, bâtis des projets sur le sable des plages,
Lui, son grain mis au sec, refait ses attelages,
Et refume son champ pour labourer demain.
Mais, s'il titube au soir des immenses journées,
Grande vierge enlevée au Ciel, prends-lui la main,
Et fais la nuit paisible à ses chairs calcinées.
Poème extrait du recueil de 1933 : "ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être"
Auteur : Louis CARTERET né en 1899 à PIERRECOURT (70) - décédé en 1962 à COURTESOULT (70)
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