Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a subi la plus forte augmentation de température enregistrée sur le globe, de l'ordre de + 0,5°c tous les dix ans. Nouvelle conséquence de ce réchauffement climatique : le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado a observé par satellite qu'un pan de l'Antarctique avait commencé à se désintégrer.
Il s'agit d'un morceau de banquise de 414 km2, soit quatre fois la superficie de la ville de Paris. Un premier iceberg de 25,5 km de long s'est décroché soudainement avant qu'un bloc plus gros ne soit emporté à son tour du plateau Wilkins, la plus grande banquise dans l'Antarctique. "Si les glaces continuent à reculer, cette bande de glace pourrait se désintégrer et nous perdrions alors probablement la moitié de la banquise de cette région au cours des prochaines années", a prévenu le scientifique Ted Scambos.
Le mouvement de dislocation de ce bloc devrait cependant être stoppé par la fin de l'été polaire. Par ailleurs, cela ne devrait pas affecter directement le niveau des mers car ce pan de banquise flottait déjà avant de devenir liquide. "Mais cela est une autre indication de l'impact du changement climatique dans la région", précise Ted Scambos. Christian-Dietrich Schönwiese, un climatologue allemand, estime lui que la situation, déjà alarmante dans l'Antarctique, est encore pire dans l'Arctique.
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