L'ORAGE - De SAINT LAMBERT
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On voit à l'horizon, de deux points opposés
Des nuages monter dans les airs embrasés.
On les voit s'épaissir, s'élever et s'étendre.
D'un tonnerre éloigné le bruit se fait entendre.
Les flots en ont frémit, l'air en est ébranlé,
Et le long du vallon, le feuillage a tremblé.
Mais des traits enflammés ont sillonné la nue
Et la foudre, en grondant, route dans l'étendue.
Elle redouble, vole, éclate dans les airs
La nuit est plus profonde et de vastes éclairs
En font sortir sans cesse un jour pâle et livide.
Du couchant ténébreux s'élance un vent rapide
Qui tourne sur la plaine et, rasant les sillons
Enlève un sable noir qu'il roule en tourbillons.
Ce nuage nouveau, ce torrent de poussière
Dérobe à la compagne un reste de lumière.
Bientôt d'un ciel en feu les globules glacés
Ecrasent en tombant les épis renversés.
Le tonnerre et le vent déchirent les nuages.
Le fermier des ses champs contemple les ravages
Et presse dans ses bras ses enfants effrayés.
La foudre éclate, tombe ; et des monts foudroyés
Descendent à grand bruit les graviers et les ondes
Qui courent en torrents sur les plaines fécondes.
Ô récoltes ! ô moissons ! tout périt sans retour !
L'ouvrage d'une année est détruit en un jour.
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Photo: riversaone - Champ de blé aux environs de Langres (52)
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