Photo perso - mars 2009 -
Premier sourire de printemps
(Théophile Gautier)
Tandis qu'à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.
Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort
Il repasse les collerettes
Et cisèle les boutons-d'or.
Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l'amandier.
La nature au lit se repose;
Lui, descend au jardin désert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.
Tout en composant des solfèges
Qu'aux merles, il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neige
Et les violettes au bois.
Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l'oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d'argent du muguet
Sous l'herbe, pour que tu la cueilles
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour ta garantir du soleil.
Puis, lorsque sa besogne est faite
Et que son règne va finir
Au seuil d'avril tournant la tête
Il dit « Printemps, tu peux venir ! »
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