* Photo perso * Myosotis, avril 2009 *
Avril
Le jour, émancipé, commence à rentrer tard.
Ia grêle rebondit sur ma vitre sonore.
Le soleil est timide et frais comme une aurore,
Allons ! viens te chauffer sur la porte, vieillard.
Le jardin bêché fume et la poule picore.
Le rouleau courbe à peine un blé déjà gaillard.
Et, dans le pré tout neuf où fuit son œil hagard,
La vache cabriole en taquinant sa taure.
Le citadin va boire aux champs de l'air viril.
L'œuf de Pâque est léger sur le poisson d'avril.
Le coucou chante au bois, l'aubépine fleuronne.
Belle et renouvelée en l'art d'être maman,
La terre qui se donne à tous éperdûment
Sourit. — II faut pleurer, vous qui n'aimez personne !
Louis CARTERET (Recueil ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être – 1946) |