"La littérature fait partie de la vie. Ce n'est pas quelque chose "à part". Je n'écris pas par métier. Vivre n'est pas un métier. Il n'y a donc pas d'artistes. Les organismes vivants ne travaillent pas. Je n'aime pas la sueur de mon front malgré les avis salutaires d'un livre par trop fameux. Il n'y a pas de spécialisations. Je ne suis pas homme de lettres. Je dénonce les bûcheurs et les arrivistes. Il n'y a pas d'écoles. En Grèce ou dans les geôles de Sing-Sing, j'écrirais tout autrement. J'ai fait mes plus beaux poèmes dans les grandes villes, parmi cinq millions d'hommes - ou à cinq mille lieues sous les mers en compagnie de Jules Verne, pour ne pas oublier les plus beaux jeux de mon enfance. Toute vie n'est qu'un poème, un mouvement. Je ne suis qu'un mot, un verbe, une profondeur, dans le sens le plus sauvage, le plus mystique, le plus vivant. (…)"
"Le chat domestique a le pelage soyeux ; son échine est souple, électrique ; ses pattes sont bien armées, ses griffes fortes ; il saute sur la proie qu'il convoite. Mais le chat sauvage saute bien mieux : il ne manque jamais son coup. J'ai des chats sauvages plein la bouche".
« Je voulais indiquer aux jeunes gens d'aujourd'hui qu'on les trompe, que la vie n'est pas un dilemme et qu'entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d'opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idioties et les platitudes de la « politique », et que c'est pour la vie qu'ils doivent opter, malgré l'attirance du suicide, individuel ou collectif, et de sa foudroyante logique scientifique. Il n'y a pas d'autres choix possibles. Vivre ! »
« Quant aux utilitaires, économistes, saint-simonistes et autres qui lui demanderont à quoi cela rime, -il répondra : Le premier vers rime avec le second quand la rime n'est pas mauvaise, et ainsi de suite.
A quoi cela sert-il ?
-Cela sert à être beau.
- N'est-ce pas assez ? Comme les fleurs, comme les parfums, comme les oiseaux, comme tout ce que l'homme n'a pu détourner et dépraver à son usage.
En général, dès qu'une chose devient utile, elle cesse d'être belle. — Elle rentre dans la vie positive, de poésie elle devient prose, de libre, esclave. — Tout l'art est là.
-L'art, c'est la liberté, le luxe, l'efflorescence ; c'est l'épanouissement de l'âme dans l'oisiveté...
Il y a et il y aura toujours des âmes artistes à qui les tableaux d'Ingres et de Delacroix, les aquarelles de Boulanger et de Décamps sembleront plus utiles que les chemins de fer et les bateaux à vapeur. »
Larousse 2005 : faraud masculin, faraude féminin- (Familier) Celui, celle qui porte ses beaux habits et qui en est fier.
FARAUD (Larousse 1938): pop. Recherché dans sa mise: un faraud ; un paysan faraud.
« Après c'était son problème
s'il s'était cru plus fort qu'elle
et plus fort que le monde entier.
Eh, non, mon gars, t'es pas le plus fort… …
Mais t'es tellement têtu, tellement faraud… »
(Anna Gavalda, Ensemble, c'est tout, 2004)
« Puisque c'était le faraud, en fin de compte, qui avait remporté la mise.
Et comme c'était logique…Ce sont toujours les farauds qui gagnent, non ? »
(Anna Gavalda, la Consolante, 2008)
Mon avis perso : et bien comme toujours, contrairement à l'avis de tous, j'ai nettement préféré le dernier livre d'Anna GAVALDA : « La Consolante ». Oui, j'ai préféré l'histoire de cet homme qui voit sa vie remise en question au fur et à mesure du roman. (Mais l'on pourra m'opposer avec justesse que, pour le héros que l'auteur a choisi, c'est facile, puisqu'il est riche et reconnu !)
J'en ai extrait de joli passage, dont un que vous pouvez lire ici :
Une bonne analyse, à mon avis, de la société de consommation sans âme que l'on nous oblige à vivre, parfois malgré nous, entraîné que nous sommes, sans forcément pouvoir décider.
Car, non, on ne peut faire de sa vie ce que l'on veut…il est faut de le croire et de vouloir le faire croire. Si cela est possible à un moment donné de notre vie, nous ne sommes pas toujours, à ce moment précis, en état moral de le voir et de le pouvoir. Certains ont la chance de rencontrer des gens d'exception mais ces personnes sont de plus en plus rares et ne peuvent tous nous recevoir.
De peur de la solitude et de son poids, par crainte de la différence voire de l'indifférence, nous passons notre temps à nous accrocher des boulets aux chevilles. Il est un temps où l'on s'y complait…c'est si facile de vivre comme tout le monde….puis vient un jour…
Anna Gavalda réussit souvent à glisser ce mot « faraud » dans ses romans….mais qui l'emploie encore aujourd'hui ?
Pourtant, je viens de retrouver ce mot:
« N'avez-vous jamais vu des profanes visiter un laboratoire sur la pointe des pieds et manifester, tellement ils sont impressionnés, une émotion religieuse que les meneurs syndiqués les plus farauds et les responsables de cellule les plus bonimenteurs n'éprouvent plus dans une basilique, même pas à Saint-Pierre de Rome. Dans un labo, ils deviennent à vue d'oeil ridicules, de respect et de béatement. Bientôt on visitera les groupes d'usines en chômage comme aujourd'hui les cathédrales désaffectées ou le Kremlin des Tsars. Ce seront des espèces de musées de la barbarie et de la superstition. »
Blaise CENDRARS – Le lotissement du ciel – 1949
… ; que ce fût enfin un marché , ou un faraud de village venu se pavaner à la ville - rien n'échappait à la subtilité de mon attention juvénile. (Nicolas Gogol, Les âmes mortes -1842 ; traduction de Henri Mongault -1949) -
« Tournons-nous vers la force intérieure qui nous habite »
Marie de Hennezel, psychologue
« Dans la pensée chinoise, le mot crise s'écrit à l'aide de deux hexagrammes, l'un signifiant “chaos”, l'autre “chance”. Car la crise, douloureuse, est aussi l'occasion d'une transformation sur le plan individuel, d'aller au fond de soi, au contact de son désir, de l'élan vital qui nous porte. La difficulté est qu'en période troublée on a plutôt tendance à se sentir prisonnier des événements extérieurs. Tournons-nous vers la force intérieure qui nous habite, ce “quelque chose qui est en nous, qui brûle du feu de la vie, qui exulte et qui cherche à s'échapper”, selon la très belle formule de la psychanalyste Lou Andreas-Salomé. Cette ressource intérieure peut être l'amitié, le rapport à la nature, le recours à la musique ou à une phrase, une pensée, un sentiment qui guide notre vie et lui donne du sens. La morosité peut ainsi être féconde, si l'on accepte qu'elle puisse nous remettre en question. »
« Soyons acteur de notre vie »
« Refaisons le monde »
« Acceptons de changer de lunettes pour regarder le monde »
Quant à moi, je ne connais rien d'autre que des miracles,
Quand je me promène dans les rues de Manhattan,
Ou que je darde mon regard par-dessus les toits dans le ciel,
Ou que je patauge pieds nus le long de la plage dans la marge même de l'eau,
Ou que je me tiens sous les arbres dans les bois.
Ou que je parle le jour avec n'importe qui que j'aime,
Ou que je dorme la nuit avec n'importe qui que j'aime,
Ou que je suis à table en train de dîner avec les autres,
Ou que je regarde les étrangers assis en face de moi dans l'omnibus,
Ou que j'observe les abeilles qui s'affairent autour de la ruche un matin d'été,
Ou les bêtes qui paissent dans les champs,
Ou les oiseaux ou la merveille des insectes dans l'air,
Ou la merveille du couchant ou celle des étoiles qui brillent si tranquilles, si lumineuses,
Ou l'exquise, la mince et délicate courbure de la lune au printemps,
Tout cela et le reste, toutes ces choses et chacune sont pour moi des miracles,
Chacune se rapportant au tout, quoique distincte et à sa place.
Tout cela et le reste, toutes ces choses et chacune sont pour moi des miracles,
Chacune se rapportant au tout, quoique distincte et à sa place.
Pour moi, chaque heure de lumière et d'obscurité est un miracle,
Chaque pouce cubique de l'espace est un miracle,
Chaque yard carré de la surface de la terre est jonché de miracles,
Chaque pied de l'intérieur pullule de miracles.
Pour moi la mer est un continuel miracle,
Les poissons qui nagent – les rochers - les mouvements des vagues – les navires avec les hommes qu'ils portent,
Y a-t-il plus étrange miracle ?
On retrouve ce poème (miracles) de Walt Whitmanet d'autres, tout aussi remarquables, dans l'Esquisse d'une anthologie de la poésie américaine du XIXème siècle, de Pierre Leyris, coll. « du monde entier » Editions Gallimard, 1995.
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et puis d'un livre, trouver un poème
et puis d'un poème, faire une recherche internet
et puis, finalement, ...de mots…trouver l'émerveillement…
rêver de liberté...
"Parler aujourd'hui d'émerveillement peut sembler une folie, mais cette folie n'est-elle pas la plus grande sagesse devant la désespérance de ce monde? L'émerveillement, en effet, n'est pas un luxe, ni même, la part des sots, mais peut-être, la plus haute vocation de l'homme."
Beaucoup de passages donnant sujets à réflexion dans ce livre d'un homme en réanimation à l'hôpital:
Une mer de sapins bleus –
...« Il y avait donc ce vide et ce vent qui vous tournait la tête et tout ce bleu ondulant en dessous de nous, cette beauté, cette pureté des choses et du temps, et cette envie troublante qui pouvait poindre –l'envie de plonger dans la mer pour s'y fondre. De rouler sur ce tapis, si c'était un tapis, comme un enfant peut rouler sur des draps ou un bébé sur le ventre de sa mère. Cette envie de se mélanger définitivement à la beauté et à la couleur de cet au-delà, ce monde différent qui semblait vous dire :
- Viens ! »...
Premier précepte de la traversée –
....« Vous prenez conscience que vous pouvez mourir lorsque vous comprenez que personne, jusqu'ici, n'a encore précisément découvert de quoi vous souffrez. Et n'a donc trouvé de remède pour vous sortir du trou. Vous prenez conscience du trou. » ....
Acccepter et refuser l'hôpital -
…les ouvriers et les ouvrières de cette incessante manufacture de la vie qu'est un hôpital méritent toutes et tous votre considération et votre compassion.
….
Qui sont-ils ? Qui sont-elles ? Que font-ils quand ils ont quitté la grande manufacture ? Que lisent-ils, s'ils lisent ? Que voient-elles à la télé ? Que font leurs enfants ? Où iront-ils en vacances –mais ont-ils assez d'argent pour partir en vacances ? Qu'ont-elles vu au cinéma – mais avaient-elles assez d'argent pour aller au cinéma ? Qui sont ces anonymes sous-payés que leur nation ignore et qui, pourtant, ont pour profession de soigner cette nation ? Qui sont ces ouvriers que leur nation méprise ? Une nation qui ignore, méprise et sous-paye ses infirmières, ses policiers, ses chercheurs et ses enseignants est une nation en danger.
....
Certes, je ne repars pas avec un livre bien gai...mais bon...(à ne lire que si vous avez le moral..quoique...)
Le chat de la voisine interprétée par Yves Montand :
Le chat de la voisine Qui mange la bonne cuisine Et fait ses gros ronrons Sur un bel édredon dondon Le chat de la voisine Qui s'met pleines les babines De poulet, de fois gras Et ne chasse pas les rats Miaou, miaou Qu'il est touchant le chant du chat Ronron, ronron Et vive le chat et vive le chat
Je ne dessin'rai pas l'homme et son agonie L'enfant des premiers pas qui gèle dans son nid Je ne parlerai pas du soldat qui a peur D'échanger une jambe contre une croix d'honneur Du vieillard rejeté aux poubelles de la faim Je n'en parlerai pas, mieux vaut ce p'tit refrain
Le chat de la voisine Qui mange la bonne cuisine Et fait ses gros ronrons Sur un bel édredon dondon Le chat de la voisine Qui s'met pleines les babines De poulet, de fois gras Et ne chasse pas les rats Miaou, miaou Qu'il est touchant le chant du chat Ronron, ronron Et vive le chat et vive le chat
Je n'serai pas l'empêcheur de déjeuner en rond A louanger la sueur qui brûle sur les fronts Je ne parlerai pas de l'ouvrier qui pleure La perte de ses doigts morts aux champs du labeur De la jeune fille fanée avant d'avoir aimé Je n'en parlerai pas, il vaut mieux glorifier
Le chat de la voisine Qui mange la bonne cuisine Et fait ses gros ronrons Sur un bel édredon dondon Le chat de la voisine Qui s'met pleines les babines De poulet, de fois gras Et ne chasse pas les rats Miaou, miaou Qu'il est touchant le chant du chat Ronron, ronron Et vive le chat et vive le chat...
« Je suis persuadé que le salut des individus est dans un rejet décidé de tout le compliqué, l'artificiel, l'inutile, dont la civilisation nous gave à étouffer. »
Théodore Monod
« La philosophie empêche la bêtise d'être aussi grande
Comme j'ai adoré ce film, voici la lettre qu'Odette écrit à son écrivain préféré. Puisqu'elle n'arrive jamais, lors des dédicaces, à prononcer une parole devant lui. Un film magnifique avec une de mes actrices préférées.
Le lette d'Odette :
Cher monsieur Balsan, Je n'écris jamais car, si j'ai de l'orthographe, je n'ai pas de poésie. Or il me faudrait beaucoup de poésie pour vous raconter l'importance que vous avez pour moi. En fait, je vous dois la vie. Sans vous, je me serais tuée vingt fois. Voyez comme je rédige mal : une fois aurait suffit !! Je n'ai aimé qu'un homme, mon mari, Antoine. Il est toujours aussi beau, aussi mince, aussi jeune. C'est incroyable de ne pas changer comme ça. Faut dire qu'il est mort depuis dis ans, ça aide. Je n'ai pas voulu le remplacer. C'est ma façon de l'aimer toujours... Franchement, ma vie, avant de vous connaître, je la trouvais moche, moche comme un dimanche après-midi à Charleroi quand le ciel est bas, moche comme une machine à laver qui vous lâche quand vous en avez besoin, moche comme un lit vide. Régulièrement, la nuit, j'avais envie d'avaler des somnifères pour en finir. Puis un jour, je vous ai lu. C'est comme si on avait écarté les rideaux et laissé entrer la lumière. Par vos livres, vous montrez que dans toute vie, même la plus misérable il y a de quoi se réjouir, de quoi rire, de quoi aimer... Grâce à vos livres, j'ai appris à me respecter. A m'aimer un peu. A devenir l'Odette Toulemonde qu'on connaît aujourd'hui : une femme qui ouvre ses volets avec plaisir chaque matin, et qui les ferme chaque soir aussi avec plaisir. Vos livres, on aurait dû me les injecter en intraveineuses après la mort de mon Antoine, ça m'aurait fait gagner du temps. Quand, un jour, le plus tard possible, vous irez au Paradis, Dieu s'approchera de vous et vous dira : "Il y a plein de gens qui veulent vous remercier du bien que vous avez fait sur terre, monsieur Balsan", et parmi ces millions de personnes, il y aura Odette Toulemonde. Odette Toulemonde qui, pardonnez-lui, était trop impatiente pour attendre ce moment là. Odette
"Sur fond de crise économique, les machines volent leur pain aux ouvriers. La France est envahie par les immigrés. La famille a éclaté. Les enfants naissent dans des cornues et les vieillards ne veulent plus mourir. Les hommes sont inquiets, ils guettent les signes du temps. Ils n'ont pas entièrement tort. Quelque chose est en effet en train de mourir : la société industrielle dans laquelle ils sont nés et ont été élevés. Non que l'industrie soit le moins du monde menacée. Au contraire. N'en déplaise aux prophètes de malheur du Club de Rome, il est maintenant acquis que nous ne courons aucun risque de manquer jamais ni de matières premières ni d'énergie pour les transformer. Si le pétrole vient à disparaître, nous avons les moyens d'en fabriquer. Quant aux problèmes posés par la pollution, nous savons qu'ils peuvent être résolus.
Mais il va se passer pour l'industrie ce qui est déjà arrivé avec l'agriculture. Dans les sociétés rurales traditionnelles, 95 % de la population était occupée au travail de la terre. De nos jours, à peine 3% de la population active des États-Unis suffit à produire plus de céréales, de viande, de fruits et de légumes que le pays ne peut en consommer. Le progrès technique a libéré l'immense majorité des hommes de la nécessité d'assurer eux-mêmes leur subsistance.
Après avoir été paysans, les hommes sont devenus salariés. Ouvriers d'usine, employés, fonctionnaires. Ils n'avaient pas le choix. La révolution industrielle nous a apporté l'abondance, le confort, elle a transformé nos conditions de vie. On a comparé les machines qu'elle mettait à notre disposition à un peuple d'esclaves mécaniques. Mais ce peuple avait un gros défaut : il n'avait pas de tête. Il fallait des hommes, en nombre toujours plus grand, pour manœuvrer les machines, pour les entretenir, pour assurer le fonctionnement des administrations, publiques ou privées, ces espèces d'énormes machines abstraites qu'imposait la division du travail.
L'an 2000, c'est la révolution de l'intelligence artificielle. Informatique, télématique, robotique, productique, tout concourt au même but : doter les machines d'un cerveau, leur apprendre à travailler toutes seules, à s'administrer elles-mêmes. Cela ne se fera évidemment pas en un jour. Mais le travail est commencé et, d'ores et déjà, nous pouvons voir où il nous mène. Bientôt les hommes, en tout cas l'immense majorité d'entre eux, seront délivrés du souci de s'occuper personnellement et directement de la satisfaction des besoins matériels.
Fini l'usine et le bureau, l'horloge pointeuse, le costume qui ressemble à un uniforme et le métro des heures de pointe. Pour la première fois depuis qu'ils sont apparus sur la Terre, les hommes vont découvrir, avec la société postindustrielle, la liberté.
Il serait naïf d'en conclure que nous entrons dans l'âge d'or. D'abord, on ne renonce pas aisément à ses habitudes, même quand elles sont mauvaises. La résistance désespérée des cultures de la chasse et de la cueillette, de l'agriculture de subsistance, le désarroi et les convulsions des peuples lancés de force dans l'aventure industrielle en témoignent. Même dans un pays de vieille civilisation comme la France, le Quart monde côtoie le XXIe siècle. Après avoir été paysans, puis ouvriers et employés, les hommes vont être obligés de se faire éducateurs.
Ils devront aussi apprendre à se supporter. Des haines familiales aux querelles de clocher, du nationalisme à l'impérialisme, du duel à la guerre totale, ils n'ont jamais cessé de se battre entre eux. Que se passera-t-il le jour où la nécessité impérieuse de gagner son pain à la sueur de son front ne sera plus là pour tempérer leur agressivité ? Comment concilier la liberté de chacun et l'intérêt de tous, le droit et la force? On a tout dit sur les tares et les hypocrisies de nos régimes démocratiques. Mais cette fois il faudra bien se décider à y trouver des remèdes, sous peine de périr. Et ce n'est pas l'électronique qui nous enseignera le respect d'autrui. Les grands problèmes de l'an 2000 ne seront pas techniques. En ce domaine, l'essentiel est acquis, au moins dans le principe. Ils seront politiques. Ils seront moraux. Car les hommes continueront de mourir et il n'y a pas de raison qu'ils s'en accommodent mieux qu'aujourd'hui. Ils devront imaginer de nouveaux rites collectifs. Rebâtir un ordre social que l'obsession du profit de l'âge industriel a mis bas. Redécouvrir le sens du mystère dans un monde profané par le regard froid de la science.
Il ne suffit pas de libérer l'homme. Il faut l'inventer, pour reprendre le mot d'Albert Jacquard. C'est sans aucun doute une tâche plus exaltante que de s'enrichir. Mais il n'est pas sûr qu'elle ne soit pas encore plus difficile"
21 mai : Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et pour le développement
Suite à l'adoption de la Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle en novembre 2001, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 21 mai, "Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement".
La Journée offre une opportunité pour approfondir nos réflexions sur les valeurs de la diversité culturelle pour apprendre à mieux "vivre ensemble". C'est pourquoi l'UNESCO fait appel aux États membres et à la société civile pour célébrer cette Journée en y associant le plus grand nombre d'acteurs et de partenaires !
Cette déclaration reconnaît, pour la première fois, la diversité culturelle comme "héritage commun de l'humanité" et considérant sa sauvegarde comme étant un impératif concret et éthique inséparable du respect de la dignité humaine.
NOTA:et bien !quelle déclaration ! 44 pages et, c'est sûr, il faut un minimum de "culture" pour tout décrypter ! Irais-je jusqu'au bout…l'endormissement me gagnera-t-il ?COURAGE ! (lol) je n'avais pas regardé jusqu'au bout: 9 pages en français 20 articles à lire. Le reste dans d'autres langues…
Au hasard:…"développer des politiques culturelles susceptibles de promouvoir les principes inscrits dans la présente Déclaration, y compris par le biais de mécanismes de soutien opérationnel et/ou de cadres réglementaires appropriés, dans le respect des obligations internationales propres à chaque Etat ;
Anna GAVALDA - LA CONSOLANTE - 2008 éditions Le Dilettante
Un livre…où certaines phrases sont jetées, comme des bouées de secours, des gifles
(et des mots !)
636 pages de….V I E.
"Rendre la justice, c'est impossible, parce que la justice, ça n'existe pas. Mais par contre, l'injustice, oui. L'injustice, c'est facile à combattre parce que ça vous saute à la figure et alors tout devient limpide."
"- C'est trop dur de vivre seul.
"- T'y arrives bien…
"Elle se leva, ouvrit tous ses placards puis la porte de son réfrigérateur, mornes plaines, et le regarda droit dans les yeux.
"- Tu appelles ça vivre, toi ?"
"Autre révélation, la France.
"Tant de paysages dans un si petit pays…Et ces couleurs… Cette extraordinaire palette qui variait, contrastait et se précisait selon les régions et leurs matériaux de construction…La brique, la tuile brune et plate, les teintes chaudes de la Sologne. Les pierres patinées, les enduits, le sable ocré des rivières…Puis la Loire, l'ardoise et le tuffeau. Le jeu infini des gris et du blanc crayeux des façades…Ivoire, grèges dans cette lumière de fin d'après-midi…Les toits bleutés soulignés par le rouge brique des souches de cheminées…Les menuiseries souvent pâles, ou plus marquées, selon la fantaisie et les fonds de pot de leurs propriétaires..
Et bientôt, une autre région, d'autres carrières, d'autres roches…Le schiste, la lauze, le grès, la lave et le granit même, par endroits. D'autres moellons, d'autres appareillages, d'autres parements, d'autres couvertures…Ici les murs gouttereaux remplaceront les pignons, là les hivers seront plus rudes et les habitations davantage serrées les unes contre les autres. Là encore, les encadrements et les linteaux moins finement travaillés et les tons plus…."
"…s'en allait, un livre à la main, à la recherche d'un creux où faire la sieste."
J'outrepasse tous droits de recopiage, c'est sûr ! mais je ne raconte pas du tout l'histoire alors, achetez-le et si c'est trop cher faites vous le prêter ; LISEZ LE !
Un bol d'air breton - romantisme à souhait sur petite île
L'héroine Guyonne écrit à une amie partie pour les Indes, une sorte de journal qui dévoile toute l'histoire:
"cela me plaît de vous écrire longuement, quotidiennement, à vous absente. Dans ma vie, qui est la plus monotone du monde, ce me sera une distraction. Je le sens, tout va m'intéresser doublement grâce à cette arrière-pensée que vous êtes présente. Je ne serai plus l'esclave du format gênant du papier à lettre ; ses carrés blancs semblent poser des bornes aux épanchements et raccourcissent forcément les confidences."
….
"En ce moment il me semble acquérir je ne sais quelle triste expérience de la mobilité des sentiments humains, et cela m'attriste parfois jusqu'aux larmes."
Citation d'un sonnet de Benserade:
"O Lune, sans faire de bruit
Vous avez bien rôdé la nuit,
Vous vous maintenez par le monde
Et toujours fraîche et toujours blonde ;
Mais comment vos attraits ne sont-ils point usés ?
Ce n'est pas d'aujourd'hui, Lune, que vous luisez."
"Ainsi on me souffle un mari, on jouit des aises les plus raffinées de la vie, on s'entoure d'objets enchanteurs, on n'a jamais de ces soucis d'argent qui sont les vers rongeurs de la vie, et c'est moi qui suis l'heureuse ! Le bonheur ne serait-il qu'un mot ?"
"Que tout est variable en ce monde ! Les existences les plus calmes n'échappent pas au roulis: la vie est une véritable traversée."
Nota: mes phrases choisies dans mes lectures ne résument pas un livre. Celles-ci sont un peu tristes peut-être par rapport à la gaîté émanant de cette lecture.
Lors de mes petites courses à la Boutique Artisans du Monde, également dans le cadre de la Quinzaine du Commerce Equitable, j'ai eu le plaisir de trouver de jolies boites d'encens.
Enfants, c'était merveilleux pour nous, ces collages de plantes véritables.
A l'occasion de la 8ème édition nationale de la Quinzaine du Commerce Equitable qui se déroule du 25 avril au 11 mai dans toute la France: Cet événement annuel permet de promouvoir un commerce qui repose sur des partenariats commerciaux basés sur le dialogue, la transparence et le respect, garantit les droits des producteurs et leur donne les moyens de vivre décemment de leur travail..
petit nota: j'ai mis cette affiche de LYON, mais il y a des actions partout en France ==> alors renseignez vous sur vos sites de régions, ou sur celui indiqué en haut.
"Pour conserver son aptitude du bonheur, je ne saurais trop conseiller de dénicher une carotte quotidienne sous les espèces d'une journée ensoleillée, d'un rendez-vous agréable, d'une jolie promenade, d'un succulent repas. Mais un bon livre peut aussi faire l'affaire."
Extrait du livre de Alexandre JOLLIEN : le métier d'homme :
Ta pathemata mathemata *** Grec, ce qui fait souffrir nous enseigne *
algodicée, elle part de l'expérience que voici : rien de pire qu'une souffrance gratuite, absurde, dépourvue de sens.
Résultants de Recherche GOOGLE sur "ALGODICEE":
Reprise de la phrase de JOLLIEN : Car l'algodicée, quintessence de la légèreté, réclame ce va-et-vient entre moi et l'autre. Rien de pire qu'une souffrance subie dans la solitude. Notre devoir : lutter ensemble contre ce qui blesse pour poursuivre notre joyeux combat.
photo riversaone - village de Haute Saône - février 2008
"Allée de l'humanitude"...un conseil municipal a décidé, au début du troisième millénaire, d'appeler ainsi l'endroit où se trouve une résidence de logements locatifs avec logements en rez-de-chaussée (accessibilité oblige).
Le terme "humanitude" a été inventé par l'humaniste Albert JACQUARD, qui avait fait ses humanités à GRAY (Haute Saône): l'attitude ou l'art de rester humain, en partage, solidarité, tolérance....
(petit billet "piqué" dans l'Est Républicain)
Le mot « humanitude » est semble-t-il apparu pour la première fois sous la plume d'un écrivain suisse, Freddy Klopfenstein, en 1980. Il a été ensuite repris par Albert Jacquard, qui le situe dans la lignée du mot « négritude » jadis créé par Aimé Césaire, puis popularisé par Léopold Senghor. Ceux-ci avaient ainsi, nous dit Albert Jacquard, utilisé « un mot nouveau pour désigner l'ensemble des apports des civilisations d'Afrique centrale, l'ensemble des cadeaux faits aux autres hommes par les hommes à peau noire : la négritude. « Les cadeaux que les hommes se sont faits les uns aux autres depuis qu'ils ont conscience d'être, et qu'ils peuvent se faire encore en un enrichissement sans limites, désignons-les par le mot humanitude . » Ces cadeaux constituent « l'ensemble des caractéristiques dont, à bon droit, nous sommes si fiers, marcher sur deux jambes ou parler, transformer le monde ou nous interroger sur notre avenir … » « L'humanitude, c'est ce trésor de compréhensions, d'émotions et surtout d'exigences, qui n'a d'existence que grâce à nous et sera perdu si nous disparaissons. Les hommes n'ont d'autre tâche que de profiter du trésor d'humanitude déjà accumulé et de continuer à l'enrichir . »
Plus tard, dès 1989, un gériatre français, Lucien Mias, introduit pour la première fois le terme d'humanitude dans les soins.
Pourquoi préférer ce mot à celui d'« humanité », dont l'un des sens désigne en effet l'ensemble de ces caractères propres aux hommes ?
Il nous est apparu que l'utilisation du mot « humanité » pouvait prêter à confusion : il est en effet le plus souvent employé pour référer au « genre humain », mais également pour définir un sentiment proche de la bienveillance ou de la compassion.
Le premier chapitre de ce livre constitue une réflexion sur l'humanitude, sur ces caractéristiques que les hommes possèdent et développent en lien les uns avec les autres, sur ce qui permet à chaque homme de reconnaître les autres hommes comme des semblables.
Japon: Un inconnu dépose de l'argent dans la boîte aux lettres d'un chômeur
Un chômeur a découvert dans sa boîte aux lettres une enveloppe contenant 1 million de yens (plus de 6.000 euros) en billets avec un mot manuscrit lui conseillant d'en faire bon usage, a déclaré vendredi la police de Nara dans l'ouest du Japon.
Après avoir consulté ses proches, l'homme âgé de 61 ans a décidé de remettre l'argent aux policiers, en déclarant qu'il ignorait totalement qui était ce généreux bienfaiteur.
L'enveloppe, reçue la semaine dernière, contenait 100 billets de 10.000 yens (60 euros), la plus grosse coupure en circulation au Japon, avec un mot sur lequel était écrit "S'il vous plaît, faites-en bon usage pour votre vie", ainsi qu'une photocopie d'une carte routière de la préfecture d'Osaka, dont dépend Nara, l'ancienne capitale impériale.
"Il ne sait absolument pas de qui il s'agit", a dit un policier.
La police a précisé que si personne ne vient réclamer cet argent d'ici le 27 juin, il reviendra au chômeur, s'il le souhaite.
Plusieurs cas similaires de dons anonymes, déposés dans des boîtes aux lettres ou des toilettes publiques, se sont produits récemment au Japon.
La plus grosse somme a été découverte l'an dernier, dans l'ancienne capitale impériale de Kyoto, voisine de Nara, où une Japonaise de 67 ans a eu l'heureuse surprise de retrouver dans sa boîte aux lettres une enveloppe contenant 10 millions de yens (plus de 60.000 euros).
…"Rien. Quelle résonance, dans ce mot! De même que le silence contient toutes les paroles, ce rien contient toute ma vie. Pourquoi veut-on qu'il y ait des aventures, des événements, des drames, quand il peut n'y avoir que cet admirable rien où tout est suspendu, inclus, étincelant, comme un arc-en-ciel dans une goutte d'eau? Pourquoi des aveux, pourquoi des querelles, pourquoi des cris et des conflits, pourquoi quelque chose quand il peut n'y avoir que ce rien, d'essence divine?
"Beau mois, que s'est-il passé tandis que vos jours s'écoulaient l'un après l'autre, avec leurs alternances de pluie et de soleil, tandis que tournait au jardin l'horloge de Flore, que la hampe des lis croissait, tandis que s'égrenaient les myosotis desséchés? Qu'ai-je fait que regarder se former, étroitement cousus sur une exubérance de pétales, les boutons de pivoines de Chine? Des parfums plus denses, des ombres plus longues, le cours des eaux ralenti, la course des astres plus éclatante, un faix de feuilles portant un faix de rayons, un mystère dans les allées sur lesquelles se refermait la voûte surbaissée des longues branches…Non. Il ne s'est rien passé. Ou presque rien."
NOTA: au vu de recherches sur INTERNET, ce livre a fait l'objet d'un film avec, dans le rôle de Carlo, Paul Meurisse (à la place d'Agnès, j'aurai préféré un autre acteur….)
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !