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Fatras de tout ou de rien
mercredi 28 octobre 2009, a 17:38
les violons de l'automne.... et leur langueur monotone...
 

 

J.S. Bach - Air on the G String, Sarah Chang

 

... et pour ceux qui la prèfère au piano:

http://www.youtube.com/watch?v=tP66UH3ymbw

pffff, c'est encore plus déprimant....

 

La webmaster ne doit être nullement tenue pour responsable de quelconque versement de larmes et ne fournit, en conséquence, aucunement de quoi éponger vos yeux...

 

FESTIVAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE 26 juin 4 juillet 2008

MUSIQUE A MARAST (70)

 

Il est libre Bach !

« Il n'a pas choisi de gourou ! Il est libre, Bach !

Ce buvard absorbe toutes les esthétiques, tous les genres qu'il rencontre au cours de sa vie d'orphelin ballotté. Tout jeune, il connaît la musique française, les concertos de Vivaldi avant même qu'ils ne soient édités, le style tempéré de l'Allemagne du Sud et la violence des maîtres du Nord. Et il invente immédiatement un langage syncrétique. Sa musique comporte des accents, mais pas d'imitation. Il ne colle pas, il travaille en chimiste. Il fond absolument tout dans un langage cohérent, de la musique contemporaine à Guillaume de Machaut. Ni moderne, ni ancien, il se situe hors du temps. Un paradoxe pour un musicien dont le métier consiste à fabriquer du temps.

Plus il avance en âge,

Plus Bach crée des ensembles qui se ferment sur eux-mêmes, que ce soit un canon énigmatiques de trois mesures ou des œuvres dont le développement dure une heure. « En ma fin est mon commencement », dit un canon de Guillaume Machaut que Bach devait certainement connaître. Voyez la fin des « Variations Goldberg » : elles renvoient à l'air du début.

On peut continuer ainsi à jouer jusqu'à la fin des temps.

Bach organise le temps dans l'œuvre, qui défie le temps et s'en défie. Il domine un temps qui tourne sur lui-même.

Gilles Cantagrel « Il est libre Bach ! »

 

 

L'esprit souffle où il veut mais on ne sait ni d'où il vient ni où il va.

 

Jean-François ZYGEL « quintette en Bach majeur »

« A l'analyse, on peut décomposer le tissu contrapuntique de la polyphonie de Bach, mais à l'oreille que ressent-on ? un flot continu et toujours renouvelé, une musique sans commencement ni fin, un univers en perpétuelle expansion, un mouvement continu mais sans cesse varié par l'ornement, l'invention polyphonique, la richesse harmonique.

Car cette musique réputée objective et formelle est sans aucun doute l'une des plus expressives et des plus poétiques qui aient jamais été écrites. »

 

« Sans Bach,

la théologie serait dépourvue d'objet,

la création fictive, le néant péremptoire.

S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach,

c'est bien Dieu. »

(Cioran, Syllogisme de l'amertume, Gallimard, 1952)

 

 

 

Traînées de nuages et nappes de brouillards

S'éclairent par le haut

L'air passe dans le feuillage,

Le vent dans les roseaux

 

Johann Wolfgang von Goethe

 

 



dimanche 13 septembre 2009, a 09:45
PREMIER LIVRE - à l'école on m'a donné
 

 

 

PREMIER LIVRE

 

A l'école on m'a donné

Ne o no me é mé  

Un beau livre cartonné

Plein de lettres et d'images

Où le loup fait bon ménage

Avec le poulet et le chat

Che o cho, che a cha

 

 

 Clipart image alphabet lettre animé  Clipart image alphabet lettre animéClipart image alphabet lettre animé

Chaque jour sur tous les tons

Te a ta te on ton

Tous en cœur nous répétons

Cette aimable chansonnette

Mais gare aux coups de baguette

Il ne faut pas se tromper

Et dire pe o pé

 

Clipart image alphabet lettre animéClipart image alphabet lettre animé

Je ne suis plus un bébé

Be a ba, be é bé

Je connais mon alphabet

Et bientôt comme grand père

Je pourrai lire, j'espère

Sans lunettes sur le nez

Ne o no, ne é né.

 

  Clipart image alphabet lettre animé   Clipart image alphabet lettre animé

 

REFRAIN :

Be é bé que c'est gai

D'apprendre à lire à l'école

Gue o guo, gue é gué

Vive la lecture ô gué

 

 

mercredi 09 septembre 2009, a 08:25
vicomte de Chateaubriand, à Combourg, donc
 

 

 

Fauteuil 19 de l'Académie Française

 

Par quelle étrangeté n'ai-je rien lu de vous ?

Mais si bien sûr, nous n'allons pas jusqu'au baccalauréat en portant les volumes des "Lagarde & Michard" (vous savez les bouquins de français qui se revendent comme des petits pains sur les vide-grenier et dont certains pésent une tonne...)

sans avoir lu des lignes de François-René, à moins d'être totalement réfractaire à la moindre ligne écrite !

Pourtant, je suis bien persuadée que les tenanciers des radiateurs du fond de la classe n'ont pas du y prêter attention, rien à voir avec les aventures de Bob Morane (....contre tout chacal.... le vrai héros  de tous les temps.... euh, ça y est, je m'égare...)

 

A COMBOURG, mon donjon, donc....

 

"La fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage."

 

Ah! comme c'est beau.... ma fenêtre à moi donnait sur un vieux mur de pierres (vieilles aussi les pierres) envahi de sureau, et de lierre, et parfois un chat s'offrait à ma vue et surtout à la chaleur du soleil...

 

François-René, vicomte de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain romantique et homme politique français.
Il est considéré comme l'une des figures centrales du romantisme français.
 

"Au bord du lac Tranquille, Combourg dresse les tours de sa forteresse de granit, berceau du romantisme, où Chateaubriand passa deux années de son adolescence. Cité de caractère et station verte de vacances, Combourg porte l'empreinte de François-René de Chateaubriand.

L'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe y passa une partie de sa jeunesse. "C'est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis", écrira-t-il, immortalisant les lieux. "

 

Combourg, berceau du romantisme

Evelyne Huet 

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Cité de caractère et station verte de vacances, Combourg porte l'empreinte de François-René de Chateaubriand. L'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe y passa une partie de sa jeunesse. Le château féodal, toujours propriété de la famille de l'écrivain, et cela depuis 1761, date des XIIe-XVe siècles. Puissant quadrilatère flanqué de quatre tours au sein d'un parc ombragé de 25 hectares, on le compte parmi les mieux conservés de Bretagne. Les intérieurs, remaniés au XIXe, sont très bien meublés. De sa chambre, Chateaubriand nota "L a fenêtre de mon donjon s'ouvrait sur la cour intérieure; le jour, j'avais en perspective les créneaux de la courtine opposée, où végétaient des scolopendres et croissait un prunier sauvage.".
La visite dure 45 minutes (tél. 02.99.73.22.95).
 

Combourg pratique (au cas où....si je reçois ma lettre de licenciement, cela me fera une sortie....)

  • 4.850 habitants : "Combourgeois". Paris (386 km), Rennes (39 km), Saint-Malo (36 km), Saint-Brieuc (83 km).
  • Office de tourisme : Maison de la Lanterne, 23, place Albert-Parent,
  • tél. 02.99.73.13.93; fax. 02.99.73.52.39.
  • E-mail : ot@combourg.org
  • Site : http://www.combourg.com/

 

 

dimanche 23 août 2009, a 14:03
"ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être" - août
 

 

 

             AOUT

 

La campagne changeante et pleine de travaux,

S'embrase aux feux dansants d'un soleil implacable.

Parmi les blés trop lourds qu'un peu de brise accable,

La lieuse a passé, preste, avec les chevaux.

 

Insecte monstrueux tordant des écheveaux,

Elle a serré cet or frémissant dans son câble.

Et le dur paysan, comme elle infatigable,

Assis sur sa machine, y fait craquer ses os.

 

Toi, bâtis des projets sur le sable des plages,

Lui, son grain mis au sec, refait ses attelages,

Et refume son champ pour labourer demain.

 

Mais, s'il titube au soir des immenses journées,

Grande vierge enlevée au Ciel, prends-lui la main,

Et fais la nuit paisible à ses chairs calcinées.

 

 

Poème extrait du recueil de 1933  : "ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être"

Auteur : Louis CARTERET né en 1899 à PIERRECOURT (70) - décédé en 1962 à COURTESOULT (70)

 

 

 

mardi 09 juin 2009, a 08:04
** ///*-*\\\ ** EROTISME FRANC – COMTOIS ** ///*-*\\\ **
 

Trop tard pour les cueilleuses de pissenlits, vous n'aurez donc que ma paysanne faite au sépia... mais c'est la saison des foins...

 

 

EROTISME FRANC – COMTOIS

En Comté à chaque printemps

A lieu un ballet étonnant,

Où des femmes réputées fières

S'en vont le couteau à la main,

Montrant sans façon leur derrière

Par les prés et les chemins.

Le passant s'arrête ébloui

Devant ce spectacle hilarant

De femmes, cueillant des pissenlits

Les fesses en l'air à tous les vents…

Puis le soir c'est l'apothéose

Lorsqu'à table on vous convie,

De lardons fumants elles arrosent

Leur salade de pissenlits,

Avec un peu de cancoillotte

Et quelques petits croûtons frits

Elles vous enjôlent… ça ravigotte

Et surtout ça sent le « r'vins'y »

Une « lisquette » d'eau de vie,

Un bon café et quelques noix,

Vous repartez tout ébauhi

Enchanté du pays Comtois.

 

Les affiches – 30.12.1984

 

 

 

dimanche 07 juin 2009, a 11:08
BONNE FETTE MAMAN
 

 

 

Il y a plus de fleurs

Pour ma mère, en mon cœur,

Que dans tous les vergers ;

 

Plus de merles rieurs

Pour ma mère, en mon cœur,

Que dans le monde entier ;

 

Et bien plus de baisers

Pour ma mère, en mon cœur,

Qu'on en pourrait donner.

 

Maurice Carême.

   Pour ma mère

 

jeudi 21 mai 2009, a 16:12
ASCENSION
 

Photo: riversaone - lis

 

             MAI

 

Si Tu n'étais pas là, Reine, sur les hauts lieux,

Pour nous bénir avec notre terre en liesse,

O Toi qui fis pâlir la plus pure déesse,

Et dont le pied brisa le socle des faux dieux,

 

Si Tu ne laissais pas, d'un geste gracieux,

Ton écharpe traîner, familière caresse,

Et si, pour que ta gloire à nos yeux apparaisse,

Dieu n'avait point ouvert et rapproché les cieux,

 

Si ce lis n'avait point orné notre vallée,

Si la plus belle enfin, la Seule Immaculée,

Manquait à la splendeur neuve du mois de Mai,

 

L'homme ne l'aurait pas si tendrement aimé,

Et toujours, au printemps, sa joie et sa misère

Rêveraient à la Femme illustre, Vierge et Mère.

 

Poème extrait du recueil de 1933  : "ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être"

Auteur : Louis CARTERET né en 1899 à PIERRECOURT (70) - décédé en 1962 à COURTESOULT (70)

 

L'image suivante provient du site:

http://www.jardinmona.com/page16A.html

 

     lis%20rubra%20blanc%2007%20a.jpg

dimanche 03 mai 2009, a 23:12
un poème de Rémy
 

 

 

Je suis passé dans le désir exquis du soir qui faisait rage

Pour d'autres lieux, d'autres façons, d'autres raisons, d'autres courages,

Certainement, blessé d'avance, alors fragile et sans passion

J'ai décidé, à l'heure dite, au bout d'un quai, sans restriction,

De jeter l'âme, à l'eau amère où la lumière est sans frisson.

 

J'ai débattu, dans le ciel pauvre, en face à face, avec l'errance,

Mes mots trop lourds, mes pointillés, mes verbes faux et mes césures

Ont écaillé le vernis doux de ton corps nu dans mes absences.

 

J'ai tout frôlé, l'ennui, la mort, la nuit, le jour, le creux de l'ombre où rien ne dure

Si j'avais su, au bout du compte, aimer la vie à tout craquer

Perdre la vue pour mieux t'entendre, l'odorat pour mieux te frôler,

Frapper la route à bout de souffle où j'ai perdu toutes tes traces,

Peut-être aurais-je appris à vivre dans l'asthme étouffant mon espace

Sans toi, sans nous, sans le pluriel de mes conjugaisons nocturnes.

 

Je me retourne sans arrêt pour savoir qui me suit encore,

Si c'est le doute de tes pas ou les héritages sonores

De tous ces mots mille fois lu par ta bouche en croissant de lune.

 

Ce n'est rien d'autre que le vent sur ma poitrine douloureuse

Qui tente de se soulever pour croire enfin à l'oxygène,

Dis moi que tu n'as rien laissé dans le caniveau de ma peine

Pointillé d'eau, ligne sans fond qui mord dans la nuit tapageuse.

 

Dis moi que tu n'as rien laissé de toi qui peut être ma quête,

Un incendie en devenir, une théorie étonnante,

Une façon de voyager, calme, dans le bruit des tempêtes,

Au bout d'un monde où tu seras l'amante que mon corps aimante.

 

Remy  (blog VIERZOUL, http://vierzoul.over-blog.com)

 

(je précise, à toutes fins utiles, que je ne suis pas la "responsable" de l'inspiration de cette poésie - euh....j'veux pas d'histoire....)

 

et je m'aperçois qu'il n'y a pas de titre.....

si vous aimez, faites lui savoir (je crois que c'est ce qu'il veut.... vous savez comment c'est.... les poètes et  les écrivains....y-z'aiment bien les compliments)

 

        Affiche%20film.JPG

 

Pourquoi l'affiche du Grand Meaulnes ?

 

"La scène se passe dans le petit village de Sainte-Agathe dans le Berry. Les parents de François Seurel y sont instituteurs ; son père dirige même un Cours Supérieur où l'on prépare l'École Normale. François est un enfant maladif et d'humeur un peu solitaire. Mais la vie est brusquement changée par l'arrivée au Cours d'un grand élève, entreprenant et résolu, peu bavard mais plein de goût pour l'action et pour l'aventure. C'est le grand Meaulnes."

http://www.reperages.ch/alain-fournier/oeuvre.shtml

 

 

vendredi 24 avril 2009, a 21:42
Les nouvelles du soir
 

Photo: riversaone

 

Retrouver un simple titre, un ensemble de mots, et voir comme les souvenirs reviennent ; une poésie ressurgit du fond de la mémoire alors que, d'hier, nous ne nous rappelons si peu de choses….

 

Les nouvelles du soir

 

A l'heure où la lumière enfouit son visage dans notre cou, on crie les nouvelles du soir, on nous écorche.

L'air est doux.

Gens de passage dans cette ville, on pourra juste un peu s'asseoir au bord du fleuve où bouge un arbre à peine vert, après avoir mangé en hâte; aurais-je même le temps de faire ce voyage avant l'hiver, de t'embrasser avant de partir?

Si tu m'aimes retiens-moi, le temps de reprendre souffle, au moins juste pour le printemps, qu'on nous laisse tranquilles longer la tremblante paix du fleuve, très loin jusqu'où s'allument les fabriques immobiles...

Mais pas moyen.

Il ne faut pas que l'étranger qui marche se retourne, ou il serait changé en statue: on ne peut qu'avancer.

Et les villes qui sont encore debout brûleront.

Une chance que j'aie au moins visité Rome, l'an passé, que nous nous soyons vite aimés, avant l'absence, regardés encore une fois, vite embrassés, avant que l'on crie"Le Monde" à notre dernier monde ou "Ce soir" au dernier beau soir qui nous confonde...

Tu partiras.

Déjà ton corps est moins réel que le courant qui l'use, et ses fumées au ciel ont plus de racines que nous.

C'est inutile de nous forcer.

Regarde l'eau, comme elle file par la faille entre nos deux ombres.

C'est la fin, qui nous passe le goût de jouer au plus fin.

 

PHILIPPE JACOTTET

http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Jaccottet

 

 

mardi 21 avril 2009, a 08:08
ULTIMA FORSAN - AVRIL
 

* Photo perso * Myosotis, avril 2009 *

 

 

Avril

 

Le jour, émancipé, commence à rentrer tard.

Ia grêle rebondit sur ma vitre sonore.

Le soleil est timide et frais comme une aurore,

Allons ! viens te chauffer sur la porte, vieillard.

 

Le jardin bêché fume et la poule picore.

Le rouleau courbe à peine un blé déjà gaillard.

Et, dans le pré tout neuf où fuit son œil hagard,

La vache cabriole en taquinant sa taure.

 

Le citadin va boire aux champs de l'air viril.

L'œuf de Pâque est léger sur le poisson d'avril.

Le coucou chante au bois, l'aubépine fleuronne.

 

Belle et renouvelée en l'art d'être maman,

La terre qui se donne à tous éperdûment

Sourit. — II faut pleurer, vous qui n'aimez personne !

 

 

Louis CARTERET (Recueil ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être – 1946)

jeudi 16 avril 2009, a 23:09
et il écrit des chansons....."Si je t'avais tout dit"
 

 

Waouh!

 

Je n'aurai qu'un seul mot:   CLIQUER SUR CE LIEN:

prenez cinq minutes pour écouter ça:

 

 

http://vierzoul.over-blog.com/article-30335458.html

 

 

 

photo perso RIVERSAONE

mercredi 08 avril 2009, a 19:32
Que l'herbe a peu de chose à faire d'EMILY DICKINSON
 

Photo perso -

 

How dreary - to be - Somebody !

How public - like a Frog -

 

*************************************************************

 

Que l'herbe a peu de chose à faire!

Simple, verte, et toute ronde :

Pour seul souci les papillons,

Et pour compagnie l'abeille.

 

Suivant au fil du jour les jolis airs

Apportés par les brises,

Tenant le soleil sur son sein,

Elle salue à la ronde.

 

Elle enfile la nuit des perles de rosée,

Revêt de tels atours

Qu'une duchesse, à côté d'elle,

Semblerait trop commune.

 

A sa mort même elle passe

Dans des odeurs divines

D'humbles épices assoupies

Ou de nard qui périt.

 

Puis elle règne sur les granges,

Rêvasse au long du jour.

Que l'herbe a peu de chose à faire :

Je voudrais être foin!

 

Poésie d'Emily Dickinson, née le 10 décembre 1830 à Amherst, petite ville de l'Etat du Massachusetts.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nard_(parfum)

Le nard (en sanskrit : bhutajata ou jatamansi, en hindi : bal chad) est sans doute l'un des plus anciens parfums orientaux connus. Il s'agit, sous sa forme d'huile, d'un liquide de couleur ambrée

 

 

 

dimanche 05 avril 2009, a 23:25
Sur la Place JACQUES BREL
 

 

Oeuvre de Jean Léon Gérome

 

 

Le titre de cet article, parce que la chanson "SUR LA PLACE" était installée.

 

Sur la place chauffée au soleil

une fille s'est mise à danser

elle tourne toujours pareille

aux danseuses d'antiquités...

 

 

Ainsi certains jours parait

une flamme à nos yeux...

 

Sur la place un chien hurle encore

car la fille s'en est allée

et comme le chien hurlant la mort

pleurent les hommes leur destinée.

 

Jacques BREL - Nouvelles éditions musicales Caravelle, Paris, 1953

lundi 30 mars 2009, a 20:11
ULTIMA FORSAN - MARS -
 

photo perso mars 2009

 

 

*-* MARS *-*

 

C'est le mois du Carême et du Dieu de la guerre ;

Le poitrinaire crache un reste de poumons.

L'on va, stoïque et pâle, à d'horribles sermons ;

Le docteur vous achève avec l'apothicaire.

 

O Toi, bon Saint Joseph, Père que nous aimons,

Ouvrier des longs jours qui ne t'asseyais guère,

Courbe-nous saintement sur la tâche vulgaire,

Et chasse les terreurs vaines et les démons.

 

La terre qui dormait, neuve à d'autres semailles,

Ouvre au soc largement ses fumantes entrailles,

Et le soleil furtif taquine le brouillard.

 

Ah ! c'est un glorieux printemps qui se révèle !

La vie est un hiver qui fait l'homme vieillard.

Seigneur, décore-nous pour la saison nouvelle !

 

Louis CARTERET (Recueil ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être – 1946)

 

lundi 23 mars 2009, a 13:18
Printemps, tu peux venir !
 

Photo perso - mars 2009 -

 

Premier sourire de printemps

(Théophile Gautier)

 

Tandis qu'à leurs œuvres perverses

Les hommes courent haletants

Mars qui rit, malgré les averses,

Prépare en secret le printemps.

 

Pour les petites pâquerettes,

Sournoisement lorsque tout dort

Il repasse les collerettes

Et cisèle les boutons-d'or.

 

Dans le verger et dans la vigne,

Il s'en va, furtif perruquier,

Avec une houppe de cygne,

Poudrer à frimas l'amandier.

 

La nature au lit se repose;

Lui, descend au jardin désert

Et lace les boutons de rose

Dans leur corset de velours vert.

 

Tout en composant des solfèges

Qu'aux merles, il siffle à mi-voix,

Il sème aux prés les perce-neige

Et les violettes au bois.

 

Sur le cresson de la fontaine

Où le cerf boit, l'oreille au guet,

De sa main cachée il égrène

Les grelots d'argent du muguet

 

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles

Il met la fraise au teint vermeil,

Et te tresse un chapeau de feuilles

Pour ta garantir du soleil.

 

Puis, lorsque sa besogne est faite

Et que son règne va finir

Au seuil d'avril tournant la tête

Il dit « Printemps, tu peux venir ! »

 

mercredi 11 février 2009, a 20:36
émerveillement.....fait-on si grande affaire d'un miracle ?
 

Photo  perso - perce-neige - 11 février 2009

 

Eh quoi —fait-on si grande affaire d'un miracle ?

Quant à moi, je ne connais rien d'autre que des miracles,

Quand je me promène dans les rues de Manhattan,

Ou que je darde mon regard par-dessus les toits dans le ciel,

Ou que je patauge pieds nus le long de la plage dans la marge même de l'eau,

Ou que je me tiens sous les arbres dans les bois.

Ou que je parle le jour avec n'importe qui que j'aime,

Ou que je dorme la nuit avec n'importe qui que j'aime,

Ou que je suis à table en train de dîner avec les autres,

Ou que je regarde les étrangers assis en face de moi dans l'omnibus,

Ou que j'observe les abeilles qui s'affairent autour de la ruche un matin d'été,

Ou les bêtes qui paissent dans les champs,

Ou les oiseaux ou la merveille des insectes dans l'air,

Ou la merveille du couchant ou celle des étoiles qui brillent si tranquilles, si lumineuses,

Ou l'exquise, la mince et délicate courbure de la lune au printemps,

Tout cela et le reste, toutes ces choses et chacune sont pour moi des miracles,

Chacune se rapportant au tout, quoique distincte et à sa place.

Tout cela et le reste, toutes ces choses et chacune sont pour moi des miracles,

Chacune se rapportant au tout, quoique distincte et à sa place.

Pour moi, chaque heure de lumière et d'obscurité est un miracle,

Chaque pouce cubique de l'espace est un miracle,

Chaque yard carré de la surface de la terre est jonché de miracles,

Chaque pied de l'intérieur pullule de miracles.

Pour moi la mer est un continuel miracle,

Les poissons qui nagent – les rochers - les mouvements des vagues – les navires avec les hommes qu'ils portent,

Y a-t-il plus étrange miracle ?

 

On retrouve ce poème (miracles) de Walt Whitman et d'autres, tout aussi remarquables, dans l'Esquisse d'une anthologie de la poésie américaine du XIXème siècle, de Pierre Leyris, coll. « du monde entier » Editions Gallimard, 1995.

                   

********

et puis d'un livre, trouver un poème

et puis d'un poème, faire une recherche internet

et puis, finalement, ...de mots…trouver l'émerveillement…

rêver de liberté...

 

"Parler aujourd'hui d'émerveillement peut sembler une folie, mais cette folie n'est-elle pas la plus grande sagesse devant la désespérance de ce monde? L'émerveillement, en effet, n'est pas un luxe, ni même, la part des sots, mais peut-être, la plus haute vocation de l'homme."

François Darbois

 

jeudi 22 janvier 2009, a 13:57
JANVIER * "ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être"
 

 

Poème extrait du recueil de 1933  : "ULTIMA FORSAN, Point final, peut-être"

Auteur : Louis CARTERET né en 1899 à PIERRECOURT (70) - décédé en 1962 à COURTESOULT (70)

** JANVIER **

 

Vaches, cochons, chevaux, poules, lapins, c'est fait.

Ils sont bien "arrangés". Tout dort, mâche ou rumine.

Aux abords des maisons, comme au fond d'une mine,

Les lanternes s'en vont au pas. Ton homme est prêt,

 

Ménagère, et son œil broussailleux s'illumine.

Les bêtes, quel souci! – Va, je sais ce que c'est.

Bref, on a fermé l'huis. Sur un vieux tabouret

Le paysan s'assied, lui qui toujours chemine.

 

Il met, après souper, ses pieds sur le fourneau.

Le chien, sur le plancher, allonge son museau.

Le chat voluptueux sur tes genoux s'élance,

 

Ou bien se pelotonne en rond dans un cabas.

Maman, te souviens-tu de ce divin silence,

Moi faisant du latin, toi tricotant des bas?

 

 

Autre ouvrage de Louis Carteret  :

"Poèmes sans valeur : Que vous achèverez sans effort et qui deviendront sans prix"

 

 



lundi 19 janvier 2009, a 11:59
l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent
 

                                       Photo : riversaone - janvier 2008

 

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l'âme mutinée,
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.

 

L'espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu'un empereur romain.

 

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu'en mon premier état il me convient descendre
Et passer mes ennuis à redire souvent :

 

Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d'espérance,
Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent.

 

Marc-Antoine de Saint-Amant
publication en 1629

 

6:39 mn - visite au musée.....

Extrait du film : L'affaire Thomas CROWN, avec Pierce Brosman

Chapeau!



vendredi 19 décembre 2008, a 20:57
L’onglée aux doigts, la goutte aux nez
 

 

 

**************************

 

SORTIE DE L'ECOLE 

 - Mme  Amélie MESUREUR -

 

 

Petits enfants qui revenez

Par les rues froides, de l'école,

L'onglée aux doigts, la goutte aux nez

Eparpillez-vous, troupe folle.

 

De vos pas, le galop bruyant

Anime la place déserte

Prenez vos ébats en fuyant

Chers oiseaux, la cage est ouverte.

 

Essoufflés, les cheveux au vent,

Serrant sous le bas votre livre,

Vous courrez en vous poursuivant

Sur les ruisseaux couvert de givre.

 

Je lis dans vos yeux satisfaits

Que vous avez eu du courage

Et que vos devoirs sont bien faits

Cœur content fait joyeux visage.

 

Et j'exalte votre gaîté

Qui vous fait trouver bon de vivre,

Alors qu'un maître vous délivre

Et vous rend à la liberté.

 

***************

 

vendredi 05 décembre 2008, a 23:24
Aux cendres du foyer, le pot-au-feu normand - Paul HAREL
 

 

 

 

CUISINE D'AUTREFOIS

 

Aux cendres du foyer, le pot-au-feu normand

Sommeillait comme un juste et ronflait en dormant.

Les rognons affolés frétillaient dans la poêle

Palpitant, crépitant et crevant sur le gril,

Les boudins sifflaient mieux que merles en avril.

Les tripes sanglotaient tous bas dans leurs terrines.

Des fumets nourrissants montaient dans les narines,

Le gigot se vautrait sur des oignons confits,

Les poulets écrasaient leur lit de salsifis,

Et les doux ris de veau, couchés dans leurs coquilles,

Semblaient, en mijotant, caresser les morilles.

Le cuisinier disait : « Cela sent bon ! Je crois

Que mes hôtes, tantôt se lécheront les doigts »

Bientôt le tournebroche, huilé comme un athlète,

Malgré ses soixante ans, prit sa part à la fête,

Ahanant, chevrotant et toussant par moments

Chantant de petits airs surannés, mais charmants,

Cependant que, suant dans sa peau blanche encore

La dinde à chaque tour de broche se colore.

 

Paul HAREL  - Poète normand -

 

Nota : Poésie retrouvée dans mes archives familiales.

 

Ce sera un personnage de légende, ce bon Paul Harel ; aubergiste et poète, il exerça ces doubles fonctions dans un même amour de l'art ; le bon aloi était sa norme ; excellence des vins, succulence des mets, qualité des vers. On dirait de lui qu'il fut l'humaniste complet.

Il a rendu célèbre son village, Échauffour, dans l'Orne, où il naquit le 18 mars 1854 pour y mourir le 7 mars 1927. C'est là qu'à l'Enseigne du Grand Saint-André il fut auprès des grands écrivains, quand il lui plaisait, l'apôtre en action de la bonne chère, considérée comme une des convenances de la vie.

Source pour ces informations : http://www.remydegourmont.org/rg/necrologies/harel.htm

 

*****

Je vais en terminer bientôt avec ses poésies anciennes - je ne sais si quelques uns les ont retrouvées ici avec plaisir (sauf une fois) -

 

dimanche 30 novembre 2008, a 21:43
La ménagère a mis la soupe sur la table
 

 

REPAS DU SOIR

 

La ménagère a mis la soupe sur la table.

Elle fume elle sent très bon : les appétits

Sont ouverts et joyeux ; Les grands et les petits

Regardent la soupière auguste, confortable.

La poche en fer battu remplit à larges coups

Chaque assiette. A côté de l'énorme soupière,

Un grand plat, rond et creux, de faïence grossière,

Mêle un fumet de lard à l'arome des choux.

Voilà tout le menu du repas de famille.

Mais on se réjouit d'être ensemble ; on babille,

On mange, on boit, on rit, on se lutine un peu.

De temps en temps, le ennuyé dit « Silence ! »

La grosse voix s'oublie et le jeu recommence.

Puis on range la table et l'on couvre le feu.

 

Henri de CHANTAVOINE

 

Illustration: Carl LARSSON fête de famille pour un anniversaire 1909

lundi 24 novembre 2008, a 10:13
THE SOUNDS OF SILENCE - remember
 

 

A vos guitares

Révisez votre anglais,

Eclaircissez-vous la voix,...

cliquez

et, zou, c'est parti, vous avez 15-18 ans....

 



lundi 27 octobre 2008, a 11:09
Voluptés du grand air, bruit d'ailes dans les bois
 

photo: riversaone - octobre 2008 - Lac VAIVRE-VESOUL

 

 

L'aube est moins claire     de Victor HUGO

 

L'aube est moins claire, l'air moins chaud, le ciel moins pur ;

Le soir brumeux ternit les astres de l'azur.

Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.

Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !

Comme le temps s'en va d'un pas précipité !

Il semble que nos yeux, qu'éblouissait l'été,

Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.

 

Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,

L'automne est triste avec sa bise et son brouillard,

Et l'été qui s'enfuit est un ami qui part.

Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,

Adieu, ciel bleu ! beau ciel qu'un souffle tiède effleure !

Voluptés du grand air, bruit d'ailes dans les bois,

Promenades, ravins pleins de lointaines voix,

Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,

Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !

 

Puis tout bas on ajoute : ô jours bénis et doux !

Hélas ! vous reviendrez ! me retrouverez-vous ?

 

 

mercredi 22 octobre 2008, a 15:32
Alors ? (*-*) Illustration Carl Larsson (*-*)
 

Le petit déjeuner de la lève-tard - Carl Larsson

 

 

               ***

    Aujourd'hui tu as

     86 400 secondes

          à remplir.

  Comment le fais-tu?

 

               ***

 

 

 

mardi 21 octobre 2008, a 08:07
une petite feuille arrive...
 

 

Même si ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan ?

Versez la!

Sœur Emmanuelle

 

LA FEUILLE

 

"De ta tige détachée,

pauvre feuille desséchée,

où vas-tu?- Je n'en sais rien:

l'orage a brisé le chêne,

qui seul était mon soutien.

De son inconstante haleine,

le zéphyr ou l'aquilon

depuis ce jour me promène

de la forêt à la plaine,

de la montagne au vallon.

Je vais où le vent me mène,

sans me plaindre ou m'effrayer;

Je vais où va toute chose,

Où va la feuille de rose

Et la feuille de laurier."

 

Antoine Vincent Arnault (1766-1834)

secrétaire perpétuel de l'Académie Française

 

Il est rajouté en analyse: "Heureuse l'âme qui suit le sentier de la justice: elle parviendra à la suprême félicité qui en est le terme."

 

 

vendredi 17 octobre 2008, a 19:02
Pour tous les enfants de la terre...
 

LA MARSEILLAISE 

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L'étendard d'espoir est levé
L'étendard de justice et de paix.
Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos coeurs
L'amitié la joie et le partage.
La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière.

 

 

Graeme Allwright, Sylvie Dien
Texte libre de droit, offert par les auteurs, à distribuer sans modération.

 

 

 

lundi 06 octobre 2008, a 19:11
Le Voyage - Daniel SLIMAK -
 

photo: riversaone - coucher de soleil haut-saonois - sept 2008

 

 

*-*

LE VOYAGE

 

N'as-tu jamais voulu te payer un voyage

Un voyage de ceux dont on ne revient pas

Bousculer ton décor pour d'autres paysages

Partir enfin, partir pour mesurer ton pas

Connaître ce pays dont le nom te fascine

Et déposer ton nom comme poste restante

Oublier ta valise à la gare, en consigne

Pour prendre un aller simple aux lendemains qui chantent ?

N'as-tu jamais rêvé de verrouiller ta porte

Et d'y planquer ton cœur sous le vieux paillasson

Sans mettre les scellés sur ta mémoire morte

Abandonner ton bien, ton mal, sans distinction

N'as-tu jamais prié pour qu'on te dévalise

Qu'on te rafle d'un coup tes objets sans valeur

Ton quotidien miteux, ton lit et ta chemise ?

Fier service rendu par Messieurs les voleurs !

On braderait bientôt ton illustre mémoire

On laisserait rouiller aux mains des ferrailleurs

Toutes les vanités dites dans ton grimoire :

« Parler donc à mon cul car sa tête est ailleurs ! »

Sa tête mise à prix pour quelques vieux papiers

Sur lesquels tu écris que la nuit séculaire

Empêche le départ du vol des longs courriers,

Que le printemps viendra d'un hiver millénaire

N'as-tu jamais voulu vivre ta liberté

Ou alors, dormais-tu, ne sachant rien en faire

Qu'une affiche de honte, un slogan de raté

Le front enluminé mais le cœur terre à terre...

N'as-tu jamais rêvé d'atteindre un jour ton île

Paradis de la pub', infâme lieu commun

Où ta muse pétasse en vahiné docile ?

N'as-tu jamais osé « faire un casse » à tes liens

Au lieu de tout cela, tu tournes, tu musardes

Tu fais le tour du monde en te fermant les yeux

Comme tous les moutons tu transhumes, tu connardes

Et ton plus grand voyage est ce train de banlieue

Qui te conduit cent fois,

Qui vient,

Qui te ramène, en rythme d'omnibus aux stations du calvaire

Et tu t'en vas, serein, content, abonné de la chaîne

Qui retient sur ton corps

Ta croix

En bandoulière...

 

DANIEL SLIMAK

Poête, né à VESOUL (Haute Saône) en 1939

 

mercredi 17 septembre 2008, a 18:28
Vendanges en Franche Comté - 2008 sera un bon cru
 

Illustration: photo Serge REVERCHON, château d'Arlay - JURA

 

 http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/info/46535149-fr.php

 

VENDANGES

 

En avant, serpes et couteaux !

Les raisins remplissent les seilles.

A côté des jeunes, les vieilles

Montent aussi les verts coteaux !

Le jus du raisin filtre et coule

A travers les hottes de bois.

Le porteur, pliant sous le poids,

Se hâte vers l'homme qui foule.

Celui-ci, les bras retroussés,

Ecrase, avec un air terrible,

Sur le cuveau, couvert d'un crible,

La grappe noire aux grains pressés.

Autour de lui, très peu farouches

Et bourdonnant avec langueur,

Guêpes d'or, abeilles et mouches,

De vin doux s'enivrent en chœur.

Et là-haut, dans un beau déliré,

Sous la splendeur des grands cieux clairs,

Des chants et des éclats de rire

Sonnent parmi les pampres verts.

Tout va bien ! Chaque maisonnée

Joyeuse des fruits récoltés,

Par cette belle matinée

Donne l'essor à ses gaîtés.

Mais déjà plus chaud et superbe

Le soleil marche sur midi.

On n'attendra pas que sur l'herbe

La soupe au lard ait refroidi.

Et, pour reprendre du courage,

On s'en ira près des ruisseaux,

Manger sous l'ondoyant ombrage

Des grands cerisiers pleins d'oiseaux.

 

- GRANDMOUGIN -

Titre exact ?? Les vendanges en Franche-Comté

 

 

quasi du vécu !

 

lundi 08 septembre 2008, a 10:45
LA VENDANGE - Victor de Laprade
 

Photo: riversaone - septembre 2008 - bientôt à croquer -

 

 

LA VENDANGE

 

Hier on cueillait à l'arbre une dernière pêche,
Et ce matin voici, dans l'aube épaisse et fraîche,
L'automne qui blanchit sur les coteaux voisins.
Un fin givre a ridé la pourpre des raisins.
Là-bas voyez-vous poindre, au bout de la montée,
Les ceps aux feuilles d'or dans la brume argentée ?
L'horizon s'éclaircit en de vagues rougeurs,
Et le soleil levant conduit les vendangeurs.

Avec des cris joyeux ils entrent dans la vigne ;
Chacun, dans le sillon que le maître désigne,
Serpe en main, sous l'arbuste a posé son panier.
Honte à qui reste en route et finit le dernier !
Les rires, les clameurs stimulent la paresse.
Aussi, comme chacun dans sa gaîté se presse !


Presque au milieu du champ, déjà brille, là-bas,
Plus d'un rouge corset entre les échalas.
Voici qu'un lièvre part ; on a vu ses oreilles.
La grive au cri perçant fuit et rase les treilles.
Malgré les rires fous, les chants à pleine voix,
Tout panier s'est déjà vidé plus d'une fois,
Et bien des chars, ployant sous l'heureuse vendange,
Escortés des enfants, sont partis pour la grange.

Au pas lent des taureaux, les voilà revenus,
Rapportant tout l'essaim des marmots aux pieds nus.
On descend, et la troupe à grand bruit s'éparpille,
Va des chars aux paniers, revient, saute et grappille,
Près des ceps oubliés se livre des combats.
Qu'il est doux de les voir, si vifs dans leurs ébats,
Préludant par des pleurs à de folies risées,
Tout empourprés du jus des grappes écrasées.

 

Victor de Laprade

 

Pierre Martin Victor Richard de Laprade (13 janvier 1812 à Montbrison - 13 décembre 1883 à Lyon) est un poète, homme de lettres et homme politique français.

Victor de Laprade fût professeur à la Faculté des Lettres de Lyon, membre de l'Académie française en 1858 et député du Rhône de 1871 à 1873. Il fut lauréat de l'Académie en 1849 et en 1885.

 

Ses poésies sont inspirées par Chateaubriand et Lamartine par son attachement à la religion et à la royauté.

 

 

 

mardi 02 septembre 2008, a 13:29
La Maison d'Ecole - Auguste GIEN - les vieux murgers de pierre
 

 

LA MAISON D'ECOLE

 

Prés de la route, il est une maison

Dont je revois encore, en fermant mes paupières,

L'aspect un peu sévère échancrant l'horizon,

Où se penchent, le soir, les vieux murgers de pierres.

 

C'est la maison d'école adossée au coteau,

Au pieds des vignes d'or que le soleil féconde,

Où le pampre gémit sous son propre fardeau

Quand, septembre venu, le raisin noir abonde.

 

Dix ans sont écoulés ; sur les vieux bancs de bois,

Bien des enfants déjà, tour à tour ont pris place

Et quitté, comme moi je le fis autrefois,

La plume pour l'outil et pour les champs, la classe.

 

Mais la maison d'école en notre souvenir

Reste pieusement à tout jamais inscrite,

Et nous aimons toujours vers elle revenir

Et saluer aussi le maître qui l'habite.

 

Auguste GIEN

écrivain français, dont le nom figure dans la liste des écrivains morts au champ d'honneur pendant la guerre de 1914-1918 - liste sur une plaque au sol au Panthéon de Paris.

 

                                *-*-*-*-*-*-*

 

Les murgers ou meurgers sont formés par les pierres que l'on enlevait de la terre avant la plantation et que l'on entassait le long des rangs de vigne.

On les retrouve donc dans de nombreuses régions où les vignes étaient abondantes avant l'arrivée du phylloxéra (puceron parasite) qui, après son introduction accidentelle en France avec des plants américains vers 1865, détruisit plus de la moitié du vignoble.

 

 

lundi 18 août 2008, a 21:40
Les faucheurs de la Saône, du côté de Chemilly
 

photo: riversaone - prise du côté de Chemilly, lors d'une balade en vélo - août 2008 -

 

Les faucheurs de la Saône

 

Dès le matin, je vais avec ma mie

Faucher là-bas le foin dans la prairie ;

En même temps que va et vient ma faulx

Derrière moi râtelle son râteau

 

A chaque fleur, à chaque marguerite

Qu'abat ma faulx, je me retourne vite

Pour savoir si ma mie y est toujours

 Et si ses yeux brillent encor d'amour !

 

Quand midi sonne, elle apporte la soupe

Sur le foin frais que ma fauchette coupe,

Et nous voilà l'un près de l'autre assis

Nous régalant du meilleur appétit.

 

Poésie d'un auteur anonyme citée dans le livre « La Franche-Comté de Henri Bouchot (1904)

(III – La Haute Saône – Ch.IV et V)

 

dimanche 03 août 2008, a 22:09
Etoile du soir - phalène papillon de nuit
 

 

ETOILE DU SOIR

(auteur non précisé)

 

Pâle étoile du soir, messagère lointaine

Dont le front sort brillant des voiles du couchant

De ton palais d'azur au sein du firmament

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

La tempête s'éloigne et les vents sont calmés

La forêt qui frémit pleure sur la bruyère

Le phalène doré dans sa course légère

Traverse les près embaumés.

 

Que cherches-tu sur la terre endormie ?

Mais déjà sur les monts, je te vois t'abaisser ;

Tu fuis en souriant mélancolique amie

Et ton tremblant regard est près de s'effacer.

 

Etoile qui descend sur la verte colline

Triste larme d'argent du manteau de la nuit

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine

Tandis que pas à pas, son long troupeau le suit

 

Etoile, où t'en vas-tu dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Ou, t'en vas-tu, si belle, à l'heure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

 

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,

Avant de nous quitter, un seul instant arrête,

Etoile de l'amour, ne descend pas des cieux !

 

*************************

Cheimatobie.jpgle phalène, papillon de nuit

ce nom est également donné à une race de chien papillon...

 

lundi 28 juillet 2008, a 15:38
QUEL EST CE LEGUME ??
 

 

LE SONNET DE L'ASPERGE

 

Oui, faisons-lui fête!

Légume prudent, 

C'est la note honnête,

D'un festin ardent.

 

J'aime que sa tête

Croque sous la dent,

Pas trop cependant,

Énorme, elle est bête.

 

Fluette, il lui faut

Plier ce défaut

Au rôle d'adjointe,

 

Et souffrir mêlé

Au vert de sa pointe,

L'or de l'œuf brouillé.

 

     Auteur:   Monselet

 

Cette jolie petite mignature en cadeau pour Nadine et Calypso. (site à visiter en cliquant sur la fillette)

 

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lundi 28 juillet 2008, a 10:23
++++++++++ musique ambiance +++++++++++++
 

MUSIQUE EN DEBUT DE BLOG - ainsi vous pouvez l'arrêter plus vite si cela vous gêne

Beaucoup ont apprécié la chanson POEME SUR LA 7ème de Philippe LABRO par Johnny - votez ici pour que je la remette (Merci!)

ou LA QUETE par Jacques BREL (article du 23 mai 2008)

et après Bernard LAVILLIERS....

 

==> (et si vous le souhaitez, allez complêter mon petit sondage du samedi 9 août)

 

** En cliquant sur les mots soulignés, vous retrouvez l'article et la chanson**

dimanche 27 juillet 2008, a 21:24
Poésie sur la Saône
 

Poésie sur la Saône.

 

La grande plaine étale son beau fleuve lent

Couleur de perle, où passent des moirures vertes

Des reflets de ciel bleu et de maisons ouvertes

Qui renversent sur l'eau leur image en tremblant.

 

Et l'âme se détend  et le rêve voyage

Jouissant  de  ce  calme  et  humant  les  odeurs.

Parfois  au  fil  de l 'eau  glissent  ces  lents  rôdeurs :

Les  chalands  alourdis  qui  traînent  leur  sillage.

 

Armandine ALLONOT

 

Photo: Riversaone - Le canal de la Saône à PORT-SUR-SAONE, ville bien connue des bateliers.

samedi 26 juillet 2008, a 11:57
Le HÉRISSON dort, la LIMACE glisse
 

 

LA   LIMACE

 

Je glisse avec lenteur et, dans mes promenades,
Je galonne d'argent les placides salades ;
Je me prélasse aux plis de leurs feuilles, le soir,
Pleine d'aise, sous l'eau que verse l'arrosoir,
Les gouttes, sous mon poids, roulent en lourdes boules.
Quel bonheur ! mais je crains d'être jetée aux poules,
Si je ne fuis les doigts terreux du jardinier,
La nuit, je règne en paix dans l'enclos printanier,
Les salades sont toujours là. Visqueuse et brune,
Je les brode et les découpe au clair de lune,
Me hissant sur les choux pleins de perles, je vais
Traîner mes fils de bave au fond de leurs coeurs frais.
Alors le jardinier m'oublie et fait un somme.
Mais quand il revient voir ses plantes, le bonhomme,
Au lieu d'en admirer les gracieux contours,
Crie et gronde, et me cherche avec des jurons sourds.

Abel BONNARD, Les Familiers, Société française d'imprimerie et de librairie

 

 

Peinture de Robin Betterley (un site de rêve à visiter)

Hérisson: gomme avec motif hérisson amoureux faisant partie d'une série de gommes (4 modèles différents)

jeudi 24 juillet 2008, a 13:17
Les fourmis sont en grand émoi - le chat est là!!
 

L'Enterrement d'une Fourmi

 

                            Au bon La Fontaine.

 

Les Fourmis sont en grand émoi :

L'âme du nid, la reine est morte !

Au bas d'une très vieille porte,

Sous un chêne, va le convoi.

 

Le vent cingle sur le sol froid

La nombreuse et fragile escorte.

Les fourmis sont en grand émoi :

L'âme du nid, la reine est morte !

 

Un tout petit je ne sais quoi

Glisse, tiré par la plus forte :

C'est le corbillard qui transporte

La défunte au caveau du roi.

Les fourmis sont en grand émoi !

 

Maurice ROLLINAT, Les Refuges 

 

photos: riversaone - le chat mangeur de fourmis - et oui!

Recette: remuer au dessus de la fourmillière

puis se lêcher les pattes;

Bon appétit!

 

lundi 07 juillet 2008, a 00:01
découvrir l'insolite ...pour le plaisir de l'instant
 

La course du temps

 

Temps libre, dis-tu ma belle

Et oui tu en as besoin. Combien ?

Prends-le dans ton quotidien

Prends-le dans le foin

Dans l'herbe folle du printemps

Au coin de ton champs

L'hiver si le cœur t'en dit près d'un feu de bois

T'en fais pas, il y a toujours du temps pour toi

Ne te perds pas dans ton agitation

Ah, je t'en prie, amie, fais attention

Prends le temps d'un bon livre

Ou mieux si tu le peux le temps de rien

Rien faire justement, c'est important

Se poser, respirer, regarder là pour le plaisir de l'instant

Découvrir l'insolite, un brin de poésie au bord du cœur

Sens-tu tout ce qui déborde

Simplement dans ce petit Temps d'arrêt.

 

A.-M. L.

 

photo: riversaone - sculpture au dessus d'une porte - Vieux Vesoul - avril

mercredi 02 juillet 2008, a 19:31
L'orage - Poésie de Saint LAMBERT
 

     L'ORAGE   -   De SAINT LAMBERT

 

                    *       *       *

 

On voit à l'horizon, de deux points opposés

Des nuages monter dans les airs embrasés.

On les voit s'épaissir, s'élever et s'étendre.

D'un tonnerre éloigné le bruit se fait entendre.

Les flots en ont frémit, l'air en est ébranlé,

Et le long du vallon, le feuillage a tremblé.

Mais des traits enflammés ont sillonné la nue

Et la foudre, en grondant, route dans l'étendue.

Elle redouble, vole, éclate dans les airs

La nuit est plus profonde et de vastes éclairs

En font sortir sans cesse un jour pâle et livide.

Du couchant ténébreux s'élance un vent rapide

Qui tourne sur la plaine et, rasant les sillons

Enlève un sable noir qu'il roule en tourbillons.

Ce nuage nouveau, ce torrent de poussière

Dérobe à la compagne un reste de lumière.

Bientôt d'un ciel en feu les globules glacés

Ecrasent en tombant les épis renversés.

Le tonnerre et le vent déchirent les nuages.

Le fermier des ses champs contemple les ravages

Et presse dans ses bras ses enfants effrayés.

La foudre éclate, tombe ; et des monts foudroyés

Descendent à grand bruit les graviers et les ondes

Qui courent en torrents sur les plaines fécondes.

Ô récoltes ! ô moissons ! tout périt sans retour !

L'ouvrage d'une année est détruit en un jour.

 

         *              *                *                 *

 

Photo: riversaone - Champ de blé aux environs de Langres (52)

 

            *            *           *

dimanche 29 juin 2008, a 14:44
POEME de Monsieur PHILIPPE LABRO
 

* PHOTO de la cascade franc-comtoise : claude LE PENNEC - résurgences

* autre image tirée d'un vieux magazine

 

Poème sur la 7ème

Qui a couru sur cette plage ?
Elle a dû être très belle
Est-ce que son sable était blanc ?
Est-ce qu'il y avait des fleurs jaunes
Dans le creux de chaque dune ?
J'aurais bien aimé toucher du sable
Une seule fois entre mes doigts

Qui a nagé dans cette rivière ?
Vous prétendez qu'elle était fraîche
Et descendait de la montagne ?
Est-ce qu'il y avait des galets
Dans le creux de chaque cascade ?
J'aurais aimé plonger mon corps
Une seule fois dans une rivière

Dites, ne me racontez pas d'histoires !
Montrez-moi des photos pour voir
Si tout cela a vraiment existé

Vous m'affirmez
Qu'il y avait du sable
Et de l'herbe
Et des fleurs
Et de l'eau
Et des pierres
Et des arbres
Et des oiseaux ?
Allons, ne vous moquez pas de moi !

Qui a marché dans ce chemin ?
Vous dites qu'il menait à une maison
Et qu'il y avait des enfants qui jouaient autour ?
Vous êtes sûrs que la photo n'est pas truquée ?
Vous pouvez m'assurer que cela a vraiment existé ?
Dites-moi, allons, ne me racontez plus d'histoires !
J'ai besoin de toucher et de voir pour y croire

Vraiment, c'est vrai !
Le sable était blanc ?
Vraiment, c'est vrai !
Il y avait des enfants
Des rivières
Des chemins
Des cailloux
Des maisons ?
C'est vrai ?
Ça a vraiment existé ?
Ça a vraiment existé, vraiment...

 

 

Poème sur la 7ème
Imprimer la chanson Poème sur la 7ème de Johnny Hallyday à partir d'une fenêtre en mode texte et sans publicité  :-) Envoyer le texte Poème sur la 7ème de Johnny Hallyday à un ami Favori 

Paroles: Philippe Labro. Musique: Ludwig van Beethoven   1970  "Vie"
© Philips
note: Sur une musique de la 7ème symphonie de Beethoven

interprète: Johnny HALLIDAY

 

Nota: ouh la la, de réentendre cette chanson me fait pleurer.

Nota du 25 juillet 2008: vous avez été nombreux à apprécier cette chanson et soyez en remerciés.




mardi 17 juin 2008, a 19:01
LA METEO qui me va
 

  • jeudi        Beau temps     25° / 15°
  • vendredi  Nuageux / Soleil dans l'après-midi     22° / 11°
  •  
 

ClairClairClairClairClairClairClairClair

 

ClairPour faire une prairie

ClairIl faut un trèfle et une abeille,

ClairUn trèfle et une abeille,

ClairEt puis la rêverie.

ClairMais la rêverie peut

ClairSuffire aussi si les abeilles sont trop peu.Clair

 

      Clair  Emily DICKINSON  Clair

                      

                          Clair

   

 

mardi 17 juin 2008, a 14:00
FRANCHES CONTERIES à LURE
 

du 13 juin au 21 juin, on vous raconte des histoires, et des belles à LURE (vous savez la patrie du Sapeur Camember!)

 

Festival des Franche Conteries du 13 au 21 Juin 2008 C'est trop bien! des histoires délirantes, et pleines de réflexion sur la vie, la mort, la société, le temps qui passe et qu'en faisons nous !

Mercredi soir c'était un orateur suisse. Ce vendredi 20 juin, un polar qui promet!

 

Pour en savoir plus, et retrouver le programme complet ainsi que des extraits de certains spectacles, consultez le blog des Franches Conteries : http://franches-conteries70.blogspot.com

 

lundi 16 juin 2008, a 21:26
clin d'oeil
 

La puce

Une puce prit le chien pour aller de la ville au hameau voisin.
A la station du marronnier elle descendit
"Vos papiers !" dit l'âne coiffé d'un képi.
"Je n'en ai pas.
- Alors que faites-vous ici ?
- Je suis infirmière et je fais des piqûres à domicile."

 

Robert Clausard

 

 

samedi 14 juin 2008, a 10:59
SOIR DE JUIN SUR PARIS
 

 

 

Pierre JALABERT -

SOIR DE JUIN SUR PARIS

 

Crépuscule de Juin ! Charme des soirs d'été !

Le ciel a pris des tons de vert pomme et vieux rose ;

Des jardins alanguis où l'ombre se tient close,

Monte un souffle de calme et de sérénité.

Un lambeau de soleil s'effiloche aux gouttières ;

Et les dômes, les tours, les flèches des clochers,

Dans le rayonnement des ultimes lumières,

D'une aigrette de feu semblent empanachés.

Navette d'azur sombre, harmonieuse et leste,

Une hirondelle glisse en la trame des toits

Comme si la mouvaient les invisibles doigts

D'un tisserand divin sur un métier céleste.

L'angélus a tinté ses appels faiblissants ;

De lointaines rumeurs s'estompent, étouffées.

Ce soir, Paris ressemble à ces villes de fées

Dont il nous est parlé dans les contes persans.

 

ou sur une autre ville...

Dessin de mon P'pa quand il était à l'école....il y a longtemps...

vendredi 06 juin 2008, a 13:17
Le surmenage - Maurice BOUKAY
 

          Le surmenage

 

Que fait le potach' le lundi

Il dort ferme jusqu'à midi

Et l'soir va faire un tour en classe

Car de changer d'banc, ça délasse

Oïa Khéphalé !

 

Que fait le Potach' le jeudi ?

Il ne fait rien jusqu'à midi

Et l'soir on l'conduit en prom'nade

Pour éviter la "surmenade""

 

Que fait le Potach' le vendredi

Chant'l'"Artillum" jusqu'à midi

Et l'soir il digèr' la pitance

Les fayots, c'est l'plat d'ordonnance

 

Que fait le Potach' le samedi ?

 

 Il calcul' voulant prendre sa revanche

Comment il's fatig'ra le dimanche.

 

L'auteur, de son vrai nom Maurice COUYBA, est né à DAMPIERRE SUR SALON (Haute Saône) né le 1er janvier 1866 ;

Homme politique français, Député, Sénateur, Ministre du Commerce, Ministre du Travail, Directeur de l'Ecole Nationale  Supérieure des Arts Décoratifs

mercredi 04 juin 2008, a 09:51
LE JOUR DE CLARTE - Graeme ALLWRIGHT
 

Le jour de Clarté, chanson interprétée, et sans doute écrite, par Graeme ALLWRIGHT, qui, un jour, est venu chanter chez nous.

 

Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité

On peut chanter tous les poèmes des sages
Et on peut parler de l'humilité
Mais il faut s'unir pour abolir injustice et pauvreté
Les hommes sont tous pareils
Ils ont tous le même soleil
Il faut, mes frères, préparer
Le jour de clarté

Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité

On peut discuter sur les droits de l'homme
Et on peut parler de fraternité
Mais qu'les hommes soient jaunes ou blancs ou noirs
Ils ont la même destinée
Laissez vos préjugés
Rejetez vos vieilles idées
Apprenez seulement l'amitié

Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité

On ne veut plus parler de toutes vos guerres
Et on n'veut plus parler d'vos champs d'honneur
Et on n'veut plus rester les bras croisés
Comme de pauvres spectateurs
Dans ce monde divisé
Il faut des révoltés
Qui n'auront pas peur de crier

Pour que les affamés
Et tous les opprimés
Entendent tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité.

 

Nota/ Bonne initiative de repasser le feuilleton RACINES sur le ARTE à 20h15! - BON CHOIX HORAIRE, mais MON TELE Z aurait du mettre un article un peu plus important pour le signaler: c'est en tout petit sur la grille!

 

Illustration: dessin de Jacques LACOSTE, le chateau de Joux où fut prisonnier Toussaint Louverture

vendredi 30 mai 2008, a 18:36
FIN DE SEMAINE, pluie d'orage sur la ville!
 

Il pleure dans mon coeur

 

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

 

Arthur RIMBAUD

 

 

Qui ne connait ce poème que m'inspirent  cette pluie d'orage, et cette semaine infernale, orageuse par le temps et par l'humeur!

L'orage gronde au loin, et la pluie qui tombe à verses va nettoyer les rues...(mince ma voiture est à l'abri, j'ai loupé son nettoyage écologique (le seul d'ailleurs que je lui accorde!)

A peine si j'ai eu le temps de rentrer chez moi à vélo (pour cause d'embouteillage causé par les ambulanciers manifestants contre les prix des carburants)

Illustration: extrait de la couverture du livre MOUDAINA d'Andrée CLAIR
 

lundi 26 mai 2008, a 13:14
Phileas LEBESGUE * la bicyclette * Paul DERAMBURE
 

La bicyclette

Toi, tu me plais. Tu es agile,

Tu es fine et nerveuse

Comme l'hirondelle et comme les chevreuils;

Tu franchis vallons et collines;

Tu es ivre du moindre rayon de soleil matinal;

Tu es heureuse d'être libre,

Et de fuir par la campagne.

Souple et vive

Tu bois l'espace!...

Tu me plais, et je veux que tu sois ma compagne;

Avec tes muscles d'acier,

Tes roues

Qui agrippent le gravier,

Tu t'élances sur la route :

Les pierres du sentier

N'arrêtent point ta course,

Ni le clair filet d'eau qui jaillit de la source,

Ni les feuilles mortes des bois,

Ni la pelouse....

Je te vois jaillir de la forge,

Métal brûlant et rouge aux reflets bleus;

Je te vois peu à peu prendre forme....

Que le mécanicien ajuste la brasure ;

Qu'il tende tes rayons de la jante au moyeu;

Qu'un féal cortège de billes

Arme contre l'usure

La tige

De chaque essieu;

Que chaque écrou, d'un tour de clef habile,

Prenne sa place la plus sûre,

Et que le pédalier soit bien réglé de jeu!

Or le voici bien d'aplomb et gracile,

Avec son nickel qui brille,

Et où le soleil fait feu !

Te voici comme un jeune oiseau qui rêve :

L'air entassé captif en la prison des pneus

Te soulève!

A l'homme maintenant d'avoir du cœur!...

 

PHILEAS LEBESGUE.

Anthologie des textes sportifs. G. Prouteau. Défense de la France. -

 

Illustration: Paul DERAMBURE

 

Philéas LEBESGUE est né le 26 novembre 1869 à la Neuville-Vault (Oise) en Picardie. Il fréquente le Collège de Beauvais (actuel lycée des Jacobins) puis retourne à la terre. Là, il redevient paysan mais poursuit assidûment un travail intellectuel prodigieux, notamment dans le domaine des langues étrangères où il excelle.

 

*****************

mon p'tit coup de g...au vu de l'actualité: combien de vélo on peut s'acheter avec le prix d'une navette spatiale...et combien d'affamés l'on pourrait nourrir?

jeudi 22 mai 2008, a 13:09
c'est tout mimi - Les fossettes
 

LES FOSSETTES

Il y a longtemps, bien longtemps,

Un bel ange vit un enfant

Qui dormait tout blanc et tout rose

Sur un rosier rouge de roses.

 

Cet enfant était si joli,

Que l'ange émerveillé se dit:

Serait-ce un de mes petits frères,

Qui s'est égaré sur la terre ?

 

L'ange s'approche doucement

Pour ne pas éveiller l'enfant,

Et du bout de ses doigts le touche

Aux deux coins de sa fraîche bouche.

 

Or, l'ange, après avoir tâté,

S'aperçut qu'il s'était trompé.

Un peu triste il dit: "C'est dommage!"

Et s'envola vers les nuages.

 

Mais, sur les deux petites joues

Les doigts ont fait deux petits trous.

C'est depuis cette historiette

Que les enfants ont des fossettes.

                 J.LEMAITRE

                 (les élégances de paris - 15 mars 1926)

 

tableau: Portrait Jean DAGNAN enfant, pastel, Pascal-Adolphe-Jean DAGNAN-BOUVERET (1852-1929)

mercredi 21 mai 2008, a 17:04
21 mai - ouf! quelle journée!
 

1681 : Ouverture du canal du Midi, long de 321 km et conçu par l'ingénieur Pierre-Paul Riquet.  (L'occasion de relire le Château de ma Mère)

 

1804 : Ouverture du cimetière du Père-Lachaise.

1854 : Naissance du mouvement Félibrige.

1881 : Création de la Croix-Rouge américaine par Clara Barton.

 

1927 : Première traversée de l'Atlantique en avion, en solitaire sans escale, de New York (d'où il avait décollé la veille) à Paris par Charles Lindbergh.

1932 : Amelia Earhart est la première femme à accomplir un vol transatlantique en solitaire.

 

1956 : Les États-Unis font exploser leur première bombe à hydrogène sur l'atoll de Bikini.

 

1991 : Rajiv Gandhi, ancien premier ministre de l'Inde (1984-1989), est tué par une bombe qu'on avait dissimulée dans un panier de fleurs.

 

Naissances

1844 : Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau, employé de l'octroi et peintre français († 2 septembre 1910).

1855 : Émile Verhaeren, poète belge de langue française († 1916).

 

Décès

1810 : le chevalier d'Éon, agent secret travesti (° 1728).

1944 : René Daumal , poète français (° 16 mars 1908).

 

Présentation
"Franche-Comtât Abada!"

.*´¨ )
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(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*• .*´¨ )

Le temps passe
Nos jours se remplissent
De choses légères
Et de tout ce qui est si important

Libre de penser comme on veut
On finit par ne penser que comme on peut

Comme un flocon de neige
Qui tremble dans l'air
La chute est lente
Le vent déroute
Mais le chemin reste
Inexorable

Jules Delavigne,


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(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*• .*´¨ )

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

** Baudelaire **

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commentaire(s)
brèves de bureau river (20/11/2009 19:50)

ah bah! surement pas...

brèves de bureau Daniel DONIN de ROSIERE (20/11/2009 15:13)

Tiens ... Cà pourrai...

FAUCOGNEY....et la Mer de verdure - 1000 étangs vaba (20/11/2009 09:04)

Elles sont belles vo...

rien à ajouter !!! vaba (20/11/2009 09:01)

Encore un ingénieur ...

rien à ajouter !!! kiki (19/11/2009 20:47)

un bizou pour River ...

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